Héritières d’une tradition
plusieurs fois séculaire, nous sommes et voulons demeurer jusqu’au
bout de nos vies des éducatrices dans l’âme, car le «cœur
de l’Ursuline n’est jamais à la retraite». Nous
portons en nous les gènes spirituels d’Angèle Merici
et de Marie de l’Incarnation. Toutes deux étaient animées
d’une étonnante ardeur apostolique.
Angèle Merici a fondé sa compagnie, non pour une œuvre précise,
mais pour favoriser la présence de femmes consacrées à Dieu
dans le monde. Elle a fortement désiré que nous soyons des bergères
là où la vie mène nos pas et que nous soyons capables de
nous adapter selon les temps et les circonstances. Pour sa part, elle est sûre
d’être toujours au milieu de nous, bien vivante.
Environ un siècle après Angèle Merici, à Tours en
France, une jeune veuve du nom de Marie Guyart a quitté sa famille et choisi
d’entrer chez les Ursulines où elle se nommera Marie de l’Incarnation.
Elle a choisi la communauté des Ursulines à cause précisément
de son engagement apostolique. La passion de cette femme pour les intérêts
de Jésus l’a amenée en Canada afin d’y fonder une maison
vouée à l’éducation des jeunes filles françaises
et indigènes.
À partir de Québec, nous avons
essaimé dans diverses régions du Québec et d’ailleurs
comme le souligne notre longue histoire. Longtemps cloîtrées,
malgré l’intuition fondatrice, nous avons quand même
conservé la dimension apostolique de la fondation, en accueillant
dans nos murs des jeunes filles et, en certains lieux, des jeunes garçons.
Chez les pensionnaires, nous avons privilégié l’esprit
de famille. Les anciens et les anciennes élèves se souviennent
sûrement des «maîtresses de division».
Les temps ont bien changé depuis Angèle et Marie de l’Incarnation.
Le Concile Vatican II jumelé à la révolution dite «tranquille»
au Québec nous ont amenées à vivre des mutations profondes.
«Pressées par la force de l’Amour» nous consentons à
passer peu à peu le flambeau à une nuée d’éducateurs
et d’éducatrices, nous défrichons de nouvelles avenues, nous
inventons de nouveaux moyens d’être ce que nous sommes. Partout où
nous sommes enracinées, même si nous diminuons en nombre, nous désirons
voir fleurir la promotion humaine des personnes avec qui nous avons à vivre
ou à cheminer.
Une vue panoramique et animée nous permet de voir, à l’œuvre,
des Ursulines de tous âges en présence d’autres personnes.
Ursulines de tous les dons et de tous les ministères, à plein temps
ou à temps partiel. Ursulines à la maison ou sur la route. Ursulines
entourées d’enfants ou d’adultes, de personnes en santé
ou de personnes malades. Ursulines fortement encouragées et stimulées
par le fait que toute la communauté «assume l’apostolat de
chacun de ses membres».
Dans
l’éducation
Nous avons conservé au Québec, de même qu’au Japon
et au Pérou, des lieux d’enseignement
où le projet éducatif est inspiré de la pédagogie
méricienne dans l’esprit des valeurs durables de l’évangile.
L’accent y est mis sur l’attention à la personne, la
force de l’unité dans le vivre ensemble, la puissance de l’Amour
comme don de Dieu. Des Ursulines et des laïcs s’engagent de tout
leur être, par leur présence, à conserver vivant dans
les écoles et collèges ce qui nous tient le plus à
cœur dans notre longue tradition. Nous voyons des jeunes hommes et
femmes émerveillés d’en être les héritiers
et les héritières.
En pastorale
Plusieurs d’entre nous répondent à des appels venant
de différents secteurs de la pastorale. Vous en rencontrez bien ancrées
en milieu scolaire ou hospitalier, dans des paroisses
ou dans des services diocésains. Vous pouvez en suivre d’autres
qui animent des retraites ou offrent des sessions spirituelles très
variées un peu partout et à différents groupes: laïcs,
religieuses, religieux et prêtres diocésains. Nous offrons
aussi des sessions et de l’accompagnement spirituel dans quelques-unes
de nos maisons ou dans des Centres
de spiritualité et de retraite au Québec et aux Philippines.
Au plan social
Combien de nos Sœurs sont engagées corps et âme dans de
multiples
services au plan social auprès des personnes démunies,
itinérantes, handicapées ou en difficulté d’adaptation
et d’apprentissage! Combien d’autres dans la promotion de la
condition féminine, dans l’accueil des mères et des
enfants comme dans l’aide aux devoirs, dans la lutte pour l’écologie
et l’environnement. Nous avons découvert beaucoup de créativité
parmi nos sœurs qui ont ouvert des maisons d’accueil en vue de
répondre aux différents besoins de nos frères et sœurs
de tous les milieux.
Dans les services communautaires
Plusieurs de nos Sœurs engagent toutes leurs énergies dans les nécessaires
services
communautaires. Nous leur devons une fière chandelle. Et s’il
y en a des services à assumer dans nos maisons: réception, cuisine,
couture, buanderie, entretien des bâtiments, économat, secrétariat,
archives et bibliothèques, liturgie, coordination des travaux, etc. Vous
rencontrerez évidemment bon nombre de nos Sœurs généreusement
engagées dans les services d’autorité que ce soit au niveau
local, au niveau provincial ou général: supérieures et
conseillères, économes et secrétaires, membres de divers
comités ou commissions, etc.
Dans la mission
lointaine À l’instar de Marie de l’Incarnation
qui faisait en esprit le tour du monde, plusieurs de nos sœurs aiment
s’engager dans un pays autre que le leur. Des canadiennes sont allées
au Japon, des japonaises aux Philippines, d’autres vers le Pérou.
Et le Québec est souvent un carrefour pour l’apprentissage
des langues et l’ouverture culturelle. Notre Institut est devenu international
et les échanges enrichissent les unes et les autres. L’une
de nos missionnaires au Japon puis aux Philippines témoigne.
Dans le domaine
de la santé
Certaines Ursulines œuvrent dans le domaine
de la santé, santé physique et santé
psychologique. Les soins de santé vont des pieds à la
tête en passant par le cœur. Nos infirmeries et nos centres de
santé sont des lieux bénis où plusieurs laïcs
partagent notre mission. Des Sœurs à l’âge de la
retraite aiment aller visiter des personnes malades à domicile pour
leur apporter du réconfort et parfois la «communion».
Que de bénévolat!
Jusqu’à
la fin
Enfin, comme le «cœur de l’Ursuline n’est jamais
à la retraite», il y a toutes celles qui, dans le vieillissement
et la maladie, trouvent le secret de demeurer ouvertes et données
aux autres, promues qu’elles sont au ministère de la prière.
Celles-là à qui sainte Angèle demande de se laisser
assister et soigner, car la collaboration à nos propres soins de
santé et l’accueil des désappropriations quotidiennes
sont assurément une façon de participer jusqu’au bout
à la mission commune qui est la nôtre à la suite de
Jésus.
Dans le domaine
des arts et de la littérature
Il vous sera sûrement donné de rencontrer des Ursulines dans
le domaine des arts et de l’artisanat
car il y en a. Nous avons aussi parmi nous des écrivaines.
Sans oublier, bien sûr, celles qui s’adonnent à des études:
année sabbatique, troisième an, formation continue…Nous
ne serions pas surprises que vous en croisiez quelques-unes dans des lieux
que nous n’avons même pas nommés…