Notre histoire commence à Brescia, en Italie, au temps de la Renaissance alors que vivait une femme nommée Angèle Merici.
Angèle est née à Desenzano vers 1474, de Catherine Bianchi et de Jean Merici. Son enfance, vécue en milieu rural, avec quatre frères et sœurs, fut profondément marquée par la condition modeste de ses parents mais surtout par leur foi à toute épreuve. Comme la plupart des femmes de son époque, Angèle était peu instruite mais elle savait sûrement lire. Son père lisait aux enfants, le soir, la vie des saints et des saintes.
Devenue orpheline vers l’âge de 15 ans, Angèle est accueillie pour un temps dans la famille d’un oncle qui vivait à Salò où elle devient tertiaire de saint François. Revenue à la ferme familiale, elle participe à la vie paysanne et développe son goût de la prière. Encore adolescente, elle vit l’expérience d’un appel intérieur dont elle comprendra plus tard toute la portée. Dans une vision de lumière elle voit un cortège d’anges et de jeunes filles montant et descendant une échelle, selon ce qu’elle essayera de traduire plus tard.
À l’aube de la quarantaine, Angèle part pour Brescia où elle accomplira une mission de charité. De là, elle partira comme pèlerine vers les lieux saints d’Italie, comme Mantoue et Varallo, puis en 1524, vers la Terre Sainte, à partir de Venise et, en 1525, vers Rome à l’occasion de l’Année sainte. Le pape Clément VII demande alors à la pèlerine de demeurer à Rome pour s’y engager dans les œuvres de charité. Mais une autre mission attend Angèle et c’est à Brescia.
En effet, la présence et l’action d’Angèle éveillent peu à peu l’attention de son entourage. Dans une Italie défigurée par la guerre et ses conséquences, Angèle fait de plus en plus figure de « repère » sûr. Elle devient «la Madre» que fréquentent des gens de toutes conditions. On attend tout de sa sagesse, de son discernement, de son don de réconcilier les personnes et d’interpréter les Écritures.
Mais l’appel intérieur jadis entendu se fait de plus en plus urgent à son cœur de femme mûre. Le temps presse pour elle, car sa santé est fragile. Elle a donc soixante ans quand, enfin, elle donne naissance à ce que Dieu attend d’elle depuis plusieurs années. Le 25 novembre 1535, Angèle et ses premières compagnes s’engagent dans un état de vie tout à fait nouveau pour leur temps. Ces femmes se consacrent à Dieu certes mais elles demeurent dans le monde. Ce qui ne s’est jamais vu encore et qui ne facilitera pas la vie des premières femmes de la Compagnie, car elles ne sont ni cloîtrées ni mariées.
Angèle lègue à ses filles une règle de vie originale, quelques brefs écrits destinés à aider les personnes qu’elle laisse à sa place pour mener à bien la Compagnie de sainte Ursule. La fondation toute nouvelle d’Angèle Merici se déploiera à travers le monde, selon le temps et les circonstances, sous de multiples modalités dont celle des ursulines que nous sommes.
Angèle meurt le 27 janvier 1540, âgée d’environ 65 ans. Elle nous a laissé l’assurance ferme de sa présence tout au long de notre histoire, car elle est sûre que si Dieu a planté sa Compagnie, rien ni personne ne saura la déplanter à condition, évidement, que nous nous en occupions vraiment comme elle nous l’a demandé avec instance.
Un témoin important du temps d’Angèle a dit que si la foi s’était perdue en son temps on l’aurait retrouvée en elle. Béatifiée en 1768, Angèle a été canonisée le 24 mai 1807.
Textes de réflexion Monique Gagné, o.s.u. Angèle Mérici: Son charisme 1re partie [cliquer ici] Monique Gagné, o.s.u., Angèle Mérici: Son charisme 2e partie [cliquer ici] Marie Seynave, o.s.u. Angèle Mérici, Chemin d'amour [cliquer ici] Stella Tellier, o.s.u., Sortir et semer la réconciliation avec l'audace prophétique d'Angèle [cliquer ici] Une peinture d'Angèle Blais, o.s.u.[cliquer ici]
Bibliographie de la vie d’Angèle Merici [cliquer ici]