| Quelle belle visite! (Luc 1, 39-56)
Visite qui transforme la maison de Zacharie en église à taille humaine! Ce jour-là, deux femmes s’embrassent et leur coeur exulte à sentir la vie qui bouge en elles. Marie, fiancée à Joseph, nouvellement enceinte, salue Élisabeth, dite la stérile, enceinte elle aussi. Dans le vieux ventre d’Élisabeth, une pentecôte! L’enfant qu’elle porte depuis six mois tressaille au contact de celui que porte la jeune Marie. Jean, fils de Zacharie et d’Élisabeth, gardera, gravé dans la mémoire vive de sa chair, l’indicible joie d’avoir été allumé au Souffle de Dieu alors qu’il était plongé dans les eaux de sa mère. Plus tard, il n’aura de cesse que ses disciples vivent eux aussi le passage du baptême d’eau au baptême de feu. Il les conduira à Jésus dont la présence enflamme le coeur d’un feu qui ne s’éteint pas. La fête de l’Assomption de Marie est précieuse pour nous. Elle confirme que tout, absolument tout, de notre humanité est assumé*, transfiguré dans l’amour. Comme en Marie et en Élisabeth, des profondeurs qui sont les nôtres, le germe divin de l’amour nous engendre à nous-mêmes dans une succession de naissances jusqu’à notre plein accomplissement. Peut-être y a-t-il, en nous, un espace toujours vierge que nous nous réservons en secret. Ou un espace que nous jugeons stérile! Puissions-nous offrir tout de nous et de notre monde car rien n’est impossible à l’amour. «Viens voir jusqu’où le ciel peut couler quand la terre est une offrande», chante Richard Desjardins. Et n’oublions pas : tant de gens espèrent la «visite» qui les sortirait de l’oubli! Par le ministère de la visitation, nos maisons peuvent devenir petites églises de joyeuse communion. Et nos églises, espérons-le, grandes maisons de chaude humanité! (*Le mot «assomption» vient du verbe assumer.) Bonne Fête de l'Assomption!! | |
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