Telle prière, tel Dieu!



Deux hommes, un Pharisien et un publicain, sont au Temple pour prier. C'est quand même bien, non! Mais que se passe-t-il donc pour que l'un revienne chez lui changé,  ajusté au meilleur de lui-même,  et l'autre pas?

Les deux prient sûrement bien mais on dirait qu'ils n'ont pas le même Dieu, donc pas la même prière. Ils ajustent leur prière chacun à son Dieu. En fait, les mots et les accents de nos prières  dévoilent  quel est le Dieu auquel nous  pensons nous adresser, n'est-ce pas!

Le Pharisien semble nourrir l'image d'un dieu qui en demande beaucoup,  qu'on lui en mette même plein la vue de sa bonne conduite. Un dieu qui ne dédaigne pas  la compétition et la comparaison entre les humains. Un dieu appelé, d'une certaine façon, à rendre gloire à celui qui le prie et à lui donner une  bonne note  ou la haute marche du podium. Évidemment, le Pharisien  ajuste sa prière à ce dieu-là.  Mais il ne peut que rentrer chez lui comme il en est venu, repu, complimenté, confirmé par lui-même.

Se jugeant en deçà du désir de son coeur qui est le meilleur de lui-même, à une bonne distance de la profondeur divine qui l'habite, le publicain s'adresse plutôt à un Dieu de qui seul il peut attendre ce qui donne de continuer à vivre debout, à avancer encore. Son Dieu est pressenti comme Présence vivante et il ajuste sa prière à ce Dieu-là!  Confiant, il étale la béance de sa soif et aspire à rencontrer Celui qui est aussi soif folle de réciprocité filiale ou amoureuse. Et il revient chez lui ajusté au désir de son coeur.

La prière n'est-elle pas la rencontre de deux soifs? Comment serait-elle autrement qu'échange vraiment mutuel dans la vérité!

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