Seigneur, dis à mon frère… (Lc 12,13-21)
J’ai rencontré un jeune homme très malheureux d’être exclus du testament de ses parents. Si vous aviez vu son sourire quand il a découvert qu’il était lui-même le plus bel héritage reçu de ses parents puisqu’il avait en lui la mémoire vive de son père et de sa mère et qu’il était là, bien vivant et si beau. Ce petit quelque chose de précieux, reçu au commencement, personne ne pouvait le lui ravir.
Cet héritage originel, il n’avait pas besoin de demander à une tierce personne d’intervenir pour que son frère ou sa soeur le partage avec lui. Tous les frères et soeurs partagent déjà le même souffle originel, avec une particularité personnelle qui en manifeste toute la riche fécondité. Quant aux biens matériels, acquis par le travail ou reçus en héritage, il est rare de les voir unir ceux ou celles qui les convoitent en vue de les entasser pour eux-mêmes. Donnez un jouet à deux enfants et je parie que chacun le tirera de son côté avant même de penser à jouer ensemble.
Pourtant, n’est-ce pas jouer ensemble qui est le plus précieux, même quand on n’a aucun jouet fabriqué? On invente alors des jeux simples comme la marelle, les rondes, les cailloux en guise de billes et on grave tout doux dans sa mémoire de tendres souvenirs. En fait, comme se questionne Maurice Bellet, qu’est-ce qui reste quand on a tout perdu et qu’il ne reste rien? Il reste la relation, si ténue soit-elle, qui nous relie aux autres, à l’univers et à l’Autre, au-delà de l’espace et du temps.
Prendre soin de la relation pendant que nous sommes ici-bas, laisser circuler le même amour reçu en héritage et en échanger entre nous les couleurs et les accents, si c’était cela s’enrichir en vue de Dieu!
N’hésitez pas à envoyer vos questions ou observations à S. Rita Gagné : gagnerita@cgocable.ca
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