L’histoire de l’univers

Résumé des conférences données par Monsieur l'abbé Denis Edward à l'Asian Pacific Ursulines School Administrators Conference à Sydney en octobre 2009.

Dans sa première conférence scientifiquement étoffée, l’abbé Denis Edwards, théologien, a d’abord brossé l’histoire de l’univers en faisant ressortir l’étroite relation entre l’âge, la grandeur de l’univers et l’apparition de l’être humain :

- « Il a fallu que l’univers soit en expansion pendant environ 14 trillions d’années pour que les galaxies soient formées,
- Pour que les étoiles s’allument,
- Que les éléments comme le carbone soient synthétisés,
- Qu’un système solaire incorporant ces éléments soit formé autour du soleil,
- Que la vie humaine évolue sur la terre.

NOUS SOMMES DONC TOUS INTERRELIÉS DANS UNE UNIQUE HISTOIRE DE L’UNIVERS ET NOUS SOMMES TOUS FAITS DE POUSSIÈRE D’ÉTOILES.

L’acte créateur de Dieu laisse les créatures libres d’être elles-mêmes. Dieu est toujours à l’œuvre en toutes choses, achevant son projet d’amour, à travers le jeu libre et la contingence des causes naturelles. Il laisse patiemment l’univers se développer et la vie évoluer sur notre planète, respectant amoureusement ce processus. »

Écologie et foi en Jésus-Christ

En deuxième partie de son exposé, le conférencier a illustré comment notre foi en Jésus-Christ devait nous conduire à une « conversion écologique ».

« Le dommage causé actuellement à la planète est plus qu’un problème humain, c’est un problème théologique. Quand  les êtres humains causent l’extinction d’autres espèces, ils détruisent des créatures de Dieu, ils détruisent un mode par lequel Dieu s’est lui-même révélé. Pour Jean-Paul II, le soin de la création était devenu une question morale. « Une solution de nature économique ne sera possible que si, de la façon la plus radicale qui soit, nous entreprenons une conversion de notre cœur, laquelle pourra nous conduire à un changement dans notre style de vie et un changement dans nos façons de consommer et de produire ». (Déclaration commune du Pape Jean-Paul II et du Patriarche Œcuménique Bartholomé I, le 2 juin 2002).

Il n’est pas question simplement d’une spiritualité de la création, mais de la découverte des profondeurs écologiques qui se trouvent au cœur de notre foi chrétienne dans notre compréhension, par exemple, de l’Incarnation et de la Rédemption de Jésus-Christ. Regarder comment Jésus a considéré la création pendant sa vie nous permet  de constater que, pour lui, la création est un don de Dieu et le lieu de la présence divine. Dieu n’est pas seulement un Père qui prend soin de ses enfants, mais celui qui veille aussi sur chacune de ses créatures.

Plusieurs passages du Nouveau Testament présentent la résurrection du Christ comme une promesse pour toute la création : « Car la création en attente aspire à la révélation des enfants de Dieu; si elle fut assujettie à la vanité, - non qu’elle l’eût voulu, mais à cause de celui qui l’y a soumise, - c’est avec l’espérance d’être elle aussi libérée de la servitude de la corruption pour entrer dans la liberté de la gloire des enfants de Dieu. »(Eph 1,10; Col 1,20; 2 P 3,10-13). Karl Rahner écrit que ce qui s’est passé à la résurrection de Jésus est « le commencement de la glorification et de la divinisation de la réalité tout entière. » La solidarité de Jésus avec notre chair dans son incarnation et son apogée dans sa résurrection ne se limite pas à la communauté humaine. Dieu embrasse le labeur de la vie sur terre avec tout son processus d’évolution, incluant la mort, la prédation, l’extinction, dans un événement qui est  à la fois une identification radicale par amour et une promesse inébranlable envers « toutes choses ». Suivre Jésus implique donc une nouvelle façon de regarder, de penser et d’agir à l’égard de la création.»

Écologie et Eucharistie

Ce qui précède a mené le conférencier à traiter des liens entre l’Eucharistie et notre manière de penser, de concevoir et d’agir envers la création.

« Dans le pain et le vin, ce sont les récoltes et les vignes, le soleil et la pluie, la générosité de la terre et ses créatures vivantes qui sont représentés et pour toujours liés au Christ en tant que signes aux moyens desquels il se donne lui-même. « Toute la création est présentée, manifestée en Jésus-Christ comme la nouvelle création, l’accomplissement de la gloire de Dieu et ce ne sont pas simplement des gens qui sont rassemblés, mais l’humanité nouvelle, recréée dans la gloire ineffable de son Créateur » (Alexander Schmemann). De plus, il appartient à tous les croyants d’être prêtres de la création, non seulement au cours de la liturgie, mais dans toute leur vie.

L’Eucharistie est mémorial de la création et de la rédemption. Chacune des prières eucharistiques devient une offrande de la création à Dieu en action de grâce. « Tu es béni, Dieu de l’univers… » À l’Eucharistie, nous apportons avec nous toutes les créatures de la terre, nous nous souvenons de la vulnérabilité des êtres vivant sur terre aujourd’hui, du Dieu qui aime chacun d’eux, nous ressentons avec eux, nous nous désolons avec eux, nous nous engageons à la guérison de la Terre. Avec ces dons, l’Esprit crée un événement de communion faisant de l’assemblée une anticipation du jour où tout sera réuni dans la divine communion. Chaque eucharistie a un caractère cosmique parce que celui que nous rencontrons dans l’Eucharistie est le Verbe en qui toutes choses furent créées et en qui tout sera transfiguré.

Cette conversion écologique, de conclure Denis Edwards, n’est pas seulement une réorientation radicale de notre pensée, ni seulement la découverte d’une nouvelle affection pour la création mais elle implique aussi une action personnelle, politique et ecclésiale. »

Voilà, bien sobrement résumés et traduits, des propos qui ont suscité beaucoup d’échanges et qui, ont été ensuite appuyés par les conseils de Bernard Holland, un principal d’école qui a voulu traduire en gestes concrets ce souci pour notre planète. 

Le congrès était suivi de visites d’écoles. Au cours de nos visites, nous avons remarqué qu’on développe beaucoup l’initiative et le sens des responsabilités chez les élèves, et ce, dès la maternelle. Dans chacune des écoles visitées, ce sont des élèves qui nous ont servi de guides. 

Toutes les écoles qui appartenaient aux Ursulines sont maintenant dirigées par des laïques mais toutes ont conservé l’esprit des Ursulines. Et cet esprit est partagé non seulement par les professeurs, mais aussi par les élèves. Dans certaines écoles, des Ursulines sont coordonnatrices de l’éducation chrétienne.

Le système scolaire des écoles catholiques dépend des diocèses. C’est un comité catholique qui engage le personnel et qui le paie. Chaque communauté religieuse qui dirigeait autrefois une école a pu ainsi transmettre son charisme. Les principales actuelles des écoles d’Ursulines sont très désireuses de garder notre charisme et elles sont présentement accompagnées par des Ursulines dans ce projet. Une école en particulier, St. Ursula’s College a formé un comité qui travaille à développer un programme en ce sens. À chaque niveau, une valeur ursuline, des paroles de sainte Angèle, des Ursulines témoins de cette valeur seront proposées et des liens avec chacune des matières scolaires au programme seront développés.

Sœur Fusako Itahashi et Sœur Lise Munro