Pauvre histoire de riche

 

 

Que peut-on reprocher à cet homme riche dont nous parle l’évangile d’aujourd’hui? Ses biens lui appartiennent, pensons-nous, il peut donc les donner à qui il veut. Lazare n’était certes pas le seul à le solliciter?

Ce qu'on peut lui reprocher ? De n'avoir pas écouté son coeur mais ses sagesses à lui, ces mille raisons qui obstruaient la route entre son coeur et ses yeux l'empêchant ainsi de se laisser affecter par Lazare et de consentir à le regarder. Accueilli dans l'autre monde, le riche devient mendiant. Il supplie d'envoyer quelqu'un vers les siens espérant que la vue d'un «revenant» les ferait changer de conduite. Mais on lui répond qu'ils ont les prophètes et la Loi. Qu'ils les écoutent donc! Car quand bien même ils verraient un ressuscité, ils ne croiraient pas davantage, lui dit-on.

En fait, à la suite des premiers chrétiens, nombreux, hommes et femmes de partout, nous chantons Jésus ressuscité d'entre les morts. Et puis?

Dans saint Luc, Jésus ne cesse de nous inviter à écouter la Parole gravée en notre être profond afin que notre coeur, libre, se laisse toucher de compassion à la vue d'un frère ou d'une soeur pauvre et accepte de partager les biens reçus. «Écouter pour voir» et pour comprendre, par le fait même, que nos biens ne nous appartiennent pas tant que ça!

Heureuses les personnes attentives à écouter la Parole qui fredonne sa mélodie au fond de leur coeur bien avant qu'elles voient écrits les mots de sa chanson. Heureux qui écoute la Parole pour reconnaître ses accents dans ce que voient ses yeux ou touchent ses mains. «Maintenant, je vois la vie avec les yeux du coeur, je suis plus sensible à l'invisible», chante Jerry Boulet! Le rocker aurait-il, à ce point, écouté son coeur?