Le "oui" de la petite fille, son premier "oui"

Marie a sept ans lorsqu'elle fait un rêve qui la marquera pour toute sa vie: elle le raconte dans l’autobiographie de 1654. "Dès mon enfance - la Divine Majesté - voulant mettre des dispositions dans mon âme - pour la rendre son temple - et le réceptacle de ses miséricordieuses faveurs ; je n’avais que sept ans ; une nuit, en mon sommeil, il me sembla que j’étais dans une cour d’école champêtre, avec une compagne, où je jouais.
Ayant levé les yeux, j’ai vu le ciel ouvert et Notre-Seigneur Jésus-christ, en forme humaine, qui venait à moi ; j’ai crié à ma compagne : »Voilà Notre Seigneur ! C’est à moi qu’il vient. Il me semblait que cette fille, ayant commis une imperfection, il m’avait choisie plutôt qu’elle qui était pourtant bonne fille. Mais il y avait un secret que je ne connaissais pas.
Cette adorable Majesté s’approcha de moi et mon coeur était tout embrasé de son amour. J’ai commencé à étendre mes bras our l’embrasser. Alors, lui, le plus beau des enfants des hommes, avec un visage plein de douceur et un attrait indicible, m’embrassa amoureusement et me dit : Voulez-vous être à moi ? J’ai répondu : Oui. Alors, après mon consentement, on l’a vu remonter au ciel. Après mon réveil, mon coeur s’est senti ravi et si joyeux de cette heureuse faveur que je la racontais naïvement à tous ceux qui voulaient m’écouter. L’effet de cette visite fut une pente au bien. » Il faut voir la préparation minutieuse que Dieu apporte à la personne qu'il choisit: dès l'enfance; nos désirs d'enfants, notre coeur perméable aux touches divines, les premières impressions, nos rêves également peuvent être approches de Dieu. Un Père oblat, psycho-thérapeute nous disait de demander au Seigneur un beau rêve qui puisse nous aider à nous comprendre, nous aider à solutionner un problème. Dans la Bible, on le sait, les songes avaient un grand rôle dans la conduite du peuple de Dieu par celui qui l'avait eu ou qui l'interprétait. Nos rêves peuvent nous éclairer... "tout concourt, dit saint Paul, au bien de ceux qui aiment Dieu." La divine Majesté: en relisant sa vie, Marie reconnaît la grandeur de Celui qui l'a appelée; majesté = dignité, noblesse, souveraineté non humaine, mais divine, son Grand Dieu, comme elle se plaisait à l'appeler. voulant mettre des dispositions dans mon âme: puisqu'il veut la combler, il va préparer son coeur, son âme, "comme le po¬tier qui façonne lentement à partir d'un peu de terre glaise"; il a son plan d'amour sur elle, comme sur chacun de nous; il est utile de faire la relecture des impressions divines en nous, revenir aux moments où le Seigneur nous a fait entendre sa voix, comment, par qui, par quels événements... pour la rendre son temple: il veut habiter chez elle, y trouver le lieu de son repos. « Demeurez dans mon amour", "nous ferons chez lui notre demeure", ainsi en toute personne baptisée.
En faire le réceptacle de ses miséricordieuses faveurs: Réceptacle vient du mot latin « recevoir »: Marie se rend bien compte que c'est la miséricorde de Dieu qui vient jouer dans son âme; elle n'est que misère, que pauvreté, que petitesse; comme le dit une hymne du bréviaire,"il creuse en elle la pauvreté" pour la remplir de lui. Le Seigneur qui venait à moi...Marie fait donc un rêve; Notre-Seigneur lui-même, en forme humaine - il fallait bien qu'il soit en forme humaine pour qu'elle le voie... "C'est à moi qu'il vient": en toute la simplicité de l'enfant, dans la clarté de sa conscience, elle est préférée à sa petite compagne qui "pourtant était bonne fille"... ...un secret..."Mais il y avait un secret que je ne connaissais pas": avant que Jésus ne lui adresse aucune parole, elle a pressenti - dans son rêve - qu'il y avait un mystère caché dans cette visite de son Seigneur. ... un baiser de Jésus... Son coeur se sent tout embrasé, "cette suradorable Majesté" s'approche d'elle, et elle, lui tend les bras pour l'embrasser et lui, "le plus beau des enfants des hommes", doux et séduisant, l'embrasse amoureusement. Voyez comment le souvenir de ce rêve est présent dans sa mémoire, comme si c'était hier. ...veux-tu ... être à moi Puis Notre-Seigneur lui dit:" Veux-tu être à moi?" Il fait appel à sa volonté. " Je lui répondis: oui". Ces six petits mots (veux-tu être à moi - oui - restent gravés dans son coeur pour toujours. J'emprunte ici les mots de notre soeur Marie Seynaeve dans une conférence qu'elle a donné à Tours le 6 juin 2001 : ... un baiser de Jésus... Son coeur se sent tout embrasé, "cette suradorable Majesté" s'approche d'elle, et elle, lui tend les bras pour l'embrasser et lui, "le plus beau des enfants des hommes", doux et séduisant, l'embrasse amoureusement. Voyez comment le souvenir de ce rêve est présent dans sa mémoire, comme si c'était hier. ...veux-tu ... être à moi Puis Notre-Seigneur lui dit:" Veux-tu être à moi?" Il fait appel à sa volonté. " Je lui répondis: oui". Ces six petits mots (veux-tu être à moi - oui - restent gravés dans son coeur pour toujours. J'emprunte ici les mots de notre soeur Marie Seynaeve dans une conférence qu'elle a donné à Tours le 6 juin 2001 :"Marie nous livre très simplement la première emprise de Dieu dans sa vie."... " Nous voyons en germe ce qui sera une constante dans la vie de Marie: le dialogue d'amour entre elle et le Christ. Il lui fait prendre conscience de son amour et elle s'engage envers lui en toute simplicité. Ce "oui" sera la pierre d'assise de toute sa vie". Donc, un rêve précurseur, fondateur, qui orientera toute son existence. ...le coeur ravi... qui la porte à "dire" le beau rêve qu'elle a fait, qui la porte au bien. Maintenant, après son réveil, Marie raconte "naïvement" cette faveur à tous ceux qui voulaient l'écouter. Pour elle, c'est une faveur, une "épiphanie" qui aura pour conséquence de la porter au bien; cela se traduit par sa charité envers les pauvres, par l'attirance à en parler avec le Seigneur, sans savoir que c'est là faire oraison, ne s'y connaissant pas - comme elle le dit elle-même - en fait de motion, d'attrait, d'esprit intérieur. Nous voyons là la transparence de son âme, son accueil spontané, sa perméabilité à la grâce qui la fait agir. Et elle nous dit encore tout simplement: " ...la bonté de Dieu me conduisait comme cela." Soeur Andrée Leclerc, o.s.u.
|