Marie de l’Incarnation, femme de toutes les saisons

Comment exprimer la joie que j’éprouve en venant vous parler de celle que j’aime et que je prie : Marie de l’Incarnation, l’une des mères du Nouveau Monde? Vous m’avez offert l’occasion de vivre de belles heures en sa compagnie et je vous en remercie.

Je dois vous avouer cependant que j’éprouve un certain malaise à la pensée qu’elle a appris les langues indiennes, au prix de bien des maux de tête, et que moi j’ai dû faire appel à de la traduction pour m’adresser à vous aujourd’hui. Mon deuxième malaise est d’avoir choisi certains textes et d’avoir dû en sacrifier tant d’autres. Si je pouvais seulement vous donner le goût de lire les œuvres de Marie de l’Incarnation, je me réjouirais des sacrifices auxquels j’ai consenti dans les choix que j’ai dû faire.
 
 Quand j’ai reçu le thème de votre rencontre, « Marie de l’Incarnation, femme de toutes les saisons », j’ai pensé bien sûr aux saisons de la vie : enfance, adolescence, maturité ou âge adulte, âge mûr ou vieillesse. Toutes ces saisons, nous les retrouvons chez Marie de l’Incarnation. Mais en réfléchissant bien, j’ai réalisé que nous vivons plusieurs fois dans nos vie d’hommes et de femmes le passage des quatre saisons. Marie de l’Incarnation a vécu presque soixante-douze fois ce déroulement fidèle des saisons.

Avec une certaine expérience, je peux même affirmer que les saisons se chevauchent dans nos vies. Des pousses de printemps sont là tout près des récoltes d’automne, des douceurs d’été sont collées à des froids d’hiver. Sur notre même planète, c’est l’été au Pérou pendant qu’ici sévit l’hiver. S’il en est ainsi, c’est que la Vie ne cesse d’être neuve à chaque instant et que tout ce qui commence se met à croître jusqu’à la maturité.

J’ai le vif sentiment que nos vies sont faites de moments mystérieux sans cesse en alternance. Mais il se passe toujours quelque chose qui nous dépasse. Les commencements renouvellent la joie des mystères joyeux. Mais ceux-ci passent par les mystères douloureux avant d’éclater dans la joie des mystères glorieux. Au cœur de cela, les quelques chandelles des mystères lumineux nous gardent sur la route, le cœur confiant.
 
La vie de Marie Guyart, devenue Marie de l’Incarnation en religion, est chronologiquement faite d’étapes assez nettement caractérisées. Les saisons de sa vie font d’elle une femme de toutes les occasions. Dans un premier temps, nous allons revoir ensemble,en accéléré, le film de sa vie avec le désir de mettre en lumière les diverses influences et expériences humaines qui ont fait d’elle une femme de toutes les situations. Dans un deuxième temps, nous verrons plus en détail comment Marie de l’Incarnation peut être inspiratrice pour de nombreuses personnes.

Suivons d’abord Marie Guyart à Tours, en France

Quatrième de huit enfants, Marie Guyart, est née le 29 octobre 1599 dans une famille de la moyenne bourgeoisie dont le père était boulanger. Très jeune, elle éprouve un goût tout à fait particulier pour la liturgie et ses cérémonies. C’est, pour elle, l’occasion privilégiée d’écouter la Parole de Dieu dont elle aura plus tard une intelligence tout à fait particulière. Lorsqu’elle entendait la Parole de Dieu dans la prédication, son coeur était comme un vase dans lequel cette divine parole découlait comme une liqueur.

Ses jeunes années sont marquées par un amour tout à fait particulier pour les pauvres. D’après son propre souvenir, elle a appris de sa mère à converser simplement avec le Seigneur.

L’enfance de Marie Guyart a connu son sommet alors qu’elle avait sept ans. Pourtant peu loquace sur sa fréquentation scolaire, c’est dans une cour d’école qu’elle s’est vue en songe en compagnie d’une autre fillette de son âge. C’est alors que le « plus beau de tous les enfants des hommes  avec un visage plein d’une douceur et d’un attrait indicible» s’est manifesté à elle et, lui tendant les bras pour l’embrasser, lui a demandé si elle voulait être à lui. Ce premier oui de la petite fille de sept ans fut déterminant pour toute la durée de sa vie. À son réveil, son « cœur se sentit si ravi de cette insigne faveur » qu’elle la racontait naïvement à ceux qui voulaient bien l’écouter  Déjà, une foi vive perfectionnait ce qu’elle avait de bon en elle.

Vers l’âge de quatorze ans ou quinze ans, Marie Guyart se sent appelée à la vie religieuse. Son humeur enjouée faisait dire à sa mère qu’elle n’était pas faite pour le couvent. Autodidacte à sa manière, elle aimait lire les contes et les romans de son temps. Sa marraine étant l’épouse d’un marchand tapissier, Marie Guyart avait tout l’entourage qu’il fallait pour être initiée très jeune à la broderie.

Elle n’avait que dix-sept ans quand on l’a mariée à Claude Martin, maître ouvrier dans le domaine de la soie. Jeune maîtresse de maison, elle devint mère d’un fils qui sera aussi appelé Claude. La naissance de cet enfant fut suivie de la maladie du père et accompagnée des angoisses d’une possible faillite. Nous savons aussi que la vie de couple des Martin a eu à souffrir de situations embrouillées et difficiles à clarifier. Son fils n’avait que six mois quand Marie Guyart est devenue veuve et qu’elle a dû prendre la tête de la fabrique en situation de détresse. Malgré l’angoisse, elle croyait fermement que le Seigneur était avec elle puisqu’Il l’avait dit. Elle était sûre qu’il lui ferait tenir jusqu’au bout tout ce qu’elle entreprenait. 

Alors même qu’elle se démenait pour terminer un procès et rembourser les créanciers, elle a vécu une expérience mystique un peu rare. Ce fut l’annonce d’une nouvelle étape dans la vie de Marie Guyart. C’était le 24 mars 1620, veille de la fête de l’Annonciation, elle s’en allait vaquer à ses affaires, quand elle s’est vue totalement plongée dans le sang de Jésus. Cette expérience en fut une de conversion profonde. Ce jour-là, elle s’en retourna en son logis, « changée en une autre créature ». 

Jeune femme de vingt ans en plein cœur du monde, Marie Guyart a été une mère monoparentale qui, après avoir réglé les affaires de son mari, devra aller vivre chez les autres. Ce fut d’abord un an de solitude en haut de la maison de son père. Pour subvenir à ses besoins et à ceux de son fils, elle s’adonnait à des travaux de broderie et de tapisserie, ce qui favorisait sa solitude. Son fils, placé en nourrice jusqu’à ses deux ans, a été rappelé à elle à la fin de son séjour chez son père. On lui a présenté de nombreux prétendants mais elle a clairement signifié, par son habillement, qu’elle n’était pas à marier.

Sollicitée par sa sœur Claude, mariée à Paul Buisson, Marie Guyart a accepté de bon gré ce qui lui semblait pourtant un tracas lourd à assumer. Elle s’en est donc allée vivre chez sa sœur dont le mari était chef d’une grosse entreprise de transport. Elle n’a demandé que du temps libre pour ses dévotions. Ses quatre premières années chez sa sœur furent des années de vie cachée. Membre d’une famille vraiment élargie, elle était de tous les travaux, ceux du ménage comme ceux de la cuisine. Elle surveillait les différents services, s’occupait de son fils et des pauvres. Elle affirmera elle-même avoir alors caché tous les talents naturels que Dieu avait mis en elle pour être servante des serviteurs et servantes de la maison  dans des tâches abaissantes et  humiliantes. Elle avait parfois des malades sur les bras ou des ouvriers qui revenaient ivres-morts au logis. Elle était comme une mère et aussi une infirmière à ses heures.  « Les pauvres et les malades étaient mes plus grands amis et ce qui me contentait le plus c’était de panser des plaies. Il y eut un serviteur de mon frère qui s’était emporté une partie du pied à une roue de charrette.. […]La crainte qu’il avait d’une gangrène dont on le menaçait […] lui faisait appréhender de se mettre entre les mains du chirurgien […] J’entrepris donc de le panser, et je commençai à lui couper toute cette mauvaise et puante chair…  ».

Âgée de vingt-quatre ans, Marie Guyart devint secrétaire et principale comptable de la compagnie de transport qui transigeait jusqu’à 360 nouveaux navires par an. Comme femme d’affaires dans les entreprises de son beau-frère, elle était en contact avec les employés qui n’étaient pas des enfants de chœur. Comment nous imaginer cette jeune femme sur les quais de la Loire en compagnie d’hommes et de chevaux lors des débarquements de marchandises? Son beau-frère était un homme rude et porté à la colère. Marie Guyart a eu plusieurs occasions de manifester un tact inné pour la diplomatie et de développer l’art de la conciliation. Son rayonnement dépassait la maison de sa sœur, elle se préoccupait du sort des prisonniers et entrait en contact avec de nombreuses personnes de la ville de Tours. Heureusement il lui était possible de se retirer parfois dans une maison de campagne où le chant des psaumes, la marche et la vue « des champs et verdures » la reposaient

Assez mystérieusement, ce fut pendant cette période de 20 à 30 ans, remplie d’occupations de toutes sortes, que Marie Guyart a vécu les moments les plus intenses de sa vie mystique. Elle a expérimenté que Dieu est Amour et que Notre Seigneur l’accompagnait. Elle a vu son cœur enchâssé dans celui de Jésus, elle a vécu les deux premiers ravissements dans la Trinité et a connu le mariage mystique. Son appel à la vie religieuse se faisait de plus en plus pressant et lui préparait d’atroces déchirements doublés de la tentation de croire qu’elle se trompait ou s’illusionnait. Sentant ce qui allait se passer, son fils a même fait une fugue alors que Marie Guyart se sentait au centre de nombreuses controverses à son sujet.

Entrée chez les Ursulines le 25 janvier 1631, contre le gré de son père et des siens, Marie Guyart, on se l’imagine, a vécu comme une déchirure dans sa chair la rupture d’avec son fils. Elle l’a confié à sa sœur et à Dieu, mais il revenait, en compagnie d’autres garçons de son âge, la harceler de ses cris pour qu’elle revienne à lui. Pouvons-nous imaginer la force qu’il a fallu à Marie Guyart pour entrer au Couvent dans de telles circonstances? Comme elle devait être sûre de son appel, après l’avoir fait solidement vérifier par un accompagnateur spirituel, pour se livrer ainsi à ce que, dans son temps et encore aujourd’hui, on pouvait voir comme une pure folie, même aux yeux de certaines novices qui la jugeaient cruelle. Que dire de son insertion, comme veuve de trente ans, dans un noviciat qui ne comptait que de très jeunes filles. Heureusement, deux mois après son entrée au couvent, elle a expérimenté un troisième ravissement dans la Trinité , le plus lumineux des trois.

Ces premières années de noviciat ont été marquées par une « bourrasque intérieure sans précédent », note Dom Oury . À Tours, une épidémie de peste battait son plein en été et en automne 1631. Au noviciat, Marie Guyart, devenue Marie de l’Incarnation depuis sa prise d’habit, fut comme prise en grippe. Elle souffrait des maux de tête qui ne la quittaient point, priait difficilement, éprouvait des tentations d’impureté et d’orgueil. Elle a vécu une sorte de révolte contre Dieu et a même pensé au suicide. La vie commune lui est devenue très pénible jusqu’à souffrir de voir de la joie chez les autres novices. Son nouveau directeur semblait rire d’elle. Sa souffrance lui a fait perdre le goût à la broderie. On peut dire qu’elle a souffert de solitude affective mais elle n’a pas douté de sa vocation . Elle trouvait un peu de  réconfort dans la psalmodie et en 1632, une parole intérieure l’a soulagée quelque peu de ses croix.

L’année 1633, qui fut celle de sa profession religieuse, a commencé par une épreuve de la part de son fils qui lui avouera plus tard seulement s’être fait mettre à la porte du collège afin de pouvoir venir à sa profession qui a eu lieu le 25 janvier. Son fils était donc présent à sa profession religieuse, lui qui « finement était venu de Rennes, écrit Marie de l’Incarnation. […] Comme l’on n’avait pas voulu qu’il assistât à ma vêture, ayant fait son calcul en son esprit, ne voulut pas être trompé deux fois. »  La deuxième année après sa profession, Marie de l’Incarnation a été nommée sous-maîtresse des novices et enseignante sans que l’on sache comment elle a été formée à cette tâche. Avec charisme, elle leur offrira un commentaire du Cantique des Cantiques et des psaumes. Elle leur parlait par cœur et avec son coeur. De même, elle enseignera plus tard aux pensionnaires et sera leur responsable, ce rôle que l’on appelle « maîtresse de division » chez les Ursulines. Elle était la mère des pensionnaires quoi!

Pendant sa deuxième année de profession, un songe, le soir de Noël, conduira Marie de l’Incarnation dans une aventure incroyable pour l’époque. Appelée chez les Ursulines à cause de leur engagement apostolique, elle a entendu, ce soir-là, un appel bouleversant à bâtir une Église.  Elle se retrouvait en présence d’une dame séculière qu’elle tenait par la main, traversait avec elle tous les obstacles pour se rendre en un pays inconnu gardé par un homme vêtu de blanc. Marie regardait ce vaste pays. « J’attendais, par désir, quelque chose d’elle, écrit Marie de l’Incarnation. […] je la vis regarder son béni Enfant, auquel sans parler elle faisait entendre quelque chose d’important à mon cœur. Il me semblait qu’elle lui parlait de ce pays et de moi. »  Plus tard, pleine de l’esprit apostolique de Notre seigneur , il lui a été montré que le pays vu en songe était le Canada.  Dès lors elle n’a eu de cesse tant que son appel ne fut pas réalisé. La lutte a été longue contre les oppositions, les injures et les rebuffades de toutes sortes. Avec Madame de la Peltrie, cette femme qu’elle avait vu en songe sans la connaître, après maintes démarches et bien des adieux déchirants, elle a fini par quitter la France en ce jour du 4 mai 1639. La vie de Marie de l’Incarnation a basculé alors dans un univers tout à fait nouveau.

C’est en Nouvelle-France que nous suivrons maintenant Marie de l’Incarnation

Après trois mois d’une traversée qui a tenu du miracle , le 1er jour du mois d’août 1639 les voyageurs et les voyageuses débarquaient à Québec. Ce jour-là, Québec apprenait la naissance de Louis XIV que Marie de l’Incarnation était arrêtée visiter en passant à Paris. Depuis ce jour de débarquement où elle a reconnu la fortification qu’elle avait vue en songe, Marie de l’Incarnation a vécu à un rythme  vertigineux dans un pays où tout était à apprivoiser. Supérieure puis économe, elle a suivi les travaux de construction et s’est adonnée à l’accueil des petites filles françaises et indigènes. Dans un difficile retour aux études, à l’âge de quarante ans, elle s’est mise à apprendre les langues indiennes et à écrire catéchismes et dictionnaires. Elle a écrit aussi de très nombreuses lettres avec toute la qualité d’une historienne et d’une maîtresse spirituelle. Elle accompagnait au parloir des hommes et des femmes. Et dire qu’elle trouvait du temps pour s’adonner à la broderie! Forte de l’expérience acquise, elle était vraiment une femme de toutes les occasions et de tous les travaux. C’est presque incroyable!

Comment imaginer la vie de ces religieuses, les premières à traverser les mers, dans un pays à peine défriché, déchiré par de fréquentes escarmouches entre les différentes tribus autochtones, décimé par les épidémies. Elle vivaient dans des abris de fortune livrés aux rigueurs des hivers canadiens et qu’un sinistre incendie a détruits en une nuit de fin décembre 1650? Les choix de vie ont été souvent des plus déchirants et les négociations avec les créanciers fort difficiles. Marie de l’Incarnation a connu de l’inquiétude pour son fils et aussi pour sa nièce qu’elle aimait comme sa propre fille. Quand son fils est entré chez les Bénédictins, ce fut pour elle comme « ressusciter de la mort à la vie », ce qui n’est pas peu dire. Madame de la Peltrie lui a fait défection pendant deux ans, laissant la jeune fondation sans ressource. Ce ne fut pas facile non plus de faire l’unité autour du projet d’écrire des constitutions canadiennes pour des Ursulines qui venaient de différents couvents de France, avec, évidemment, des coutumes différentes. Les négociations ne se firent pas sans heurts entre les religieuses de Tours et celles de Paris. Malgré la difficulté des communications, les faux rapports traversaient les mers.

La joie de commencer une « Église primitive » en Nouvelle-France a été accompagnée d’une longue nuit d’épreuves intérieures qui rendaient difficiles les relations de Marie de l’Incarnation avec ses compagnes. Elle avait parfois les nerfs à fleur de peau et son humeur a connu des hauts et des bas. De 1639 à 1647, elle a vécu la nuit la plus longue de sa vie. Elle se sentait seule et ne se reconnaissait plus elle-même. Même la consolation d’instruire les petites indiennes lui fut enlevée à cause de sa charge de supérieure qui prenait tout son temps. Elle est descendue « au plus bas de l’estime d’elle-même », selon l’expression de Dom Oury. Elle a expérimenté le surmenage et la révolte des passions. Isolée dans une région isolée du globe, elle pratiquait cependant, avant l’heure, la « mondialisation », celle de la prière qui fait le tour du monde.

À partir de 1654 jusqu’à 1672, nous pouvons suivre Marie de l’Incarnation grâce aux nombreuses lettres écrites à son fils, à sa nièce ursuline, à bien d’autres personnes de France. Cette période de vie fut marquée par les deuils, la maladie et le vieillissement. Elle a connu des périodes de grande fatigue qui lui rendaient difficile l’accomplissement de ses tâches de dépositaire puis de supérieure. Elle continuait quand même à enseigner les langues aux religieuses. Pendant cette période, elle a écrit un catéchisme en huron, trois en algonquin de même qu’un livre de prière, un autre d’histoire sacrée et un gros dictionnaire, aussi un dictionnaire algonquin-français et un catéchisme en iroquois. Quelle fécondité!

L’accueil fait à Mgr de Laval en 1659 ne fut pas toujours de tout repos. Marie de l’Incarnation, tout en louant la vertu de cet homme d’Église aurait souhaité qu’il ait plus de souplesse et ne se mêle pas trop de ce qui concernait la communauté. La colonie a aussi connu une période de grande terreur entre les années 1658 et 1660 pendant lesquelles des Ursulines, mais pas Maire de l’Incarnation, ont dû se réfugier huit jours de temps chez les Jésuites pour assurer leur protection. Marie de l’Incarnation a aussi vécu douloureusement la venue de certains émigrants de piètre qualité et par qui des scandales arrivaient. Les maladies répétées l’ont rendue de plus en plus faible. La médication apportée par les médecins n’était pas toujours adéquate et les traitements fort douloureux. Les prières lui étaient devenues difficiles mais elle priait quand même chaque jour la prière au Cœur de Jésus et au cœur de Marie. Elle avait particulièrement souci dans sa prière de son fils, de sa nièce ursuline et de l’Église primitive de la Nouvelle-France, ses trois amours. Dans les derniers jours de sa vie, elle a tenu à être entourée des petites élèves qu’elle bénissait. Le 30 avril, elle les a vues une dernière fois. Elle a perdu la parole et l’ouïe mais son esprit demeurait et elle portait son crucifix à sa bouche. À six heures du soir, elle a ouvert les yeux, regardé ses Sœurs et, dans un soupir, elle est  entrée dans la cinquième saison de sa vie .

Prenons le temps de regarder Marie de l’Incarnation, femme de toutes les situations.

La vie de Marie de l’Incarnation peut vraiment être une source d’inspiration ou de courage pour beaucoup de personnes, à différents âges de leur vie et dans des domaines ou des situations fort variés. Femme de son temps, profondément ancrée dans son milieu, Marie de l’Incarnation a eu une grande influence autant dans la société que dans l’Église. Elle nous a laissé un héritage à partager entre nous tous.

Voyons en premier lieu le domaine des arts et des lettres

Très jeune alors que son père était boulanger, Marie Guyart a été initiée à la broderie probablement par la famille de sa marraine dont l’époux, nommé Alexandre Motheron, était marchand tapissier. Monsieur Motheron avait réussi à «créer à Tours une succursale de la fabrique de tapisseries des Gobelins, à la Petite-Bourdaisière avant que le logis ne devienne le couvent des Ursulines » . Marie Guyart s’est appliquée à la broderie et à la tapisserie pour gagner sa vie dans les premières années de son veuvage. Elle a continué à pratiquer cet art chez les Ursulines. Elle a brodé des parements d’autel et autres ornements ou vêtements liturgiques. À Tours, alors qu’elle était sous-maîtresse des novices, on a constitué « une petite équipe de spécialistes pour les travaux de broderie d’autel »  
 
Dans le domaine des arts, il semble que ses dons étaient nombreux. « Elle travaillait à ravir en toutes sortes d’ouvrages de peinture, de dorure et de broderie dont elle a laissé des ouvrages tant à Tours qu’à Québec qui sont admirés par ceux qui excellent dans ces arts. »  D’après son fils, elle avait du goût pour le bricolage; elle savait menuiser et aimait le faire, ce qui lui a rendu bien des services à Québec. Rappelons-nous également que, chez les Buisson, elle faisait la cuisine.

Que dire de son don d’écriture? Elle a développé l’art épistolaire avec une habileté déconcertante. Par ses nombreuses lettres, elle a rejoint beaucoup de personnes différentes : Reine, duchesse d’Aiguillon, membres de sa famille, Sœurs Ursulines, bienfaiteurs et amis. Nous savons combien les conditions d’écriture pouvaient être difficiles. Il fallait attendre les chaleurs du printemps pour s’y adonner car le froid de l’hiver rendait les doigts trop gourds. « Pour la correspondance ne restaient le plus souvent que les nuits,  les courtes nuits d’été de la Nouvelle-France, chaudes et moites, souvent torrides, où le cou et les mains étaient exposés aux piqûres des innombrables maringouins, attirés par la lumière et plus acharnés que le jour. . Vous savez qu’elle devait écrire ses lettres en trois copies. Ses lettres sont des lettres d’affaires, de description historique ou sociale, d’accompagnement, d’amitié. Certaines sont de vrais traités spirituels alors que d’autres sont de précieux documents historiques. Sa Relation de 1654 demeure son chef-d’œuvre incontestable. Il faut de la justesse pour décrire les états intérieurs et les communiquer à son propre fils.

Il est bien connu que Marie de l’Incarnation aimait aussi le chant, la musique et la danse. Le chant lui permettait d’évaporer ses émotions. On comprend facilement qu’elle ait souffert quand Mgr de Laval a imposé le « recto tono » pour les célébrations qu’il présidait pendant son séjour chez les Ursulines de Québec. « Nous ne chantons plus aux messes, parce , dit-il, que cela donne de la distraction au célébrant et qu’il n’a point vu cela ailleurs.

Arrêtons-nous maintenant dans le domaine des affaires

L’engagement de Marie Guyart dans le monde des affaires a sûrement de quoi nous étonner et nous émerveiller encore. Toutes les circonstances dans lesquelles elle a vécu ont permis à cette femme du tout jeune 17è siècle de développer, à un âge précoce, le don de gérer les affaires. Elle a été secrétaire, économe, gérante des employés, directrice des travaux de construction et même architecte à ses heures. Elle a expérimenté les divers niveaux de participation au gouvernement de la communauté. Une femme que des chefs d’entreprise ne voulaient sûrement pas perdre, encore moins voir entrer dans un cloître!
 
Nous pouvons la suivre sur les quais de la Loire à Tours au milieu des débardeurs et sur les échafaudages de le construction du couvent de Québec au milieu des ouvriers. Nous la voyons discuter des coûts, choisir des matériaux et des emplacements, voir aux plans et devis, négocier la vente des terrains, gérer des faillites et des après-sinistre. Elle a fait face à des procès et à des négociations ardues avec une diplomatie remarquable. Elle a pris sur elle de faire des sollicitations pour ses « petites indiennes » et elle a dû pourvoir à la vie quotidienne des pensionnaires et des religieuses avec tout ce que cela suppose de prévision et de bon jugement.

Ce qui nous amène aisément dans le domaine de la psycho-pédagogie ou de l’approche des personnes

Peut-être serez-vous quelque peu surpris de voir Marie Guyart de l’Incarnation infirmière. Et pourtant, elle le fut par les circonstances. Elle le fut à Tours alors qu’elle était responsable des employés de son beau-frère  et elle fut chargée de cet office en Nouvelle-France . Comme quoi tout la préparait à Tours pour ce qu’elle eut à vivre à Québec. Mais nous n’insisterons pas sur cet aspect. Nous mettrons plutôt en lumière son approche pédagogique.

En plus de composer des dictionnaires, des catéchismes, des livres d’histoire sacrée, Marie Guyart a fait montre d’une pédagogie innée. Elle a certes pratiqué cette approche personnelle dans la formation de son fils alors même qu’elle désirait ne pas trop se l’attacher. Mais, sa pédagogie, elle l’a vraiment développée auprès des adultes alors qu’elle travaillait chez son beau-frère et qu’elle était chargée de la gérance des employés. Sa seule présence au milieu d’eux s’avérait être un moyen pédagogique sûr pour inviter à changer d’attitude ou de comportement, à modifier le langage et à développer le respect des autres. Occasionnellement, de petits sermons pouvaient faire du bien aussi, mais l’exemple était plus convaincant.

Nous savons que Marie de l’Incarnation a enseigné aux novices et qu’elle apprenait en leur enseignant. Son approche des petites indiennes était tout à fait particulière. Elle savait que ventre affamé n’a pas d’oreille. Aussi conseillait-elle de leur offrir le plat du pays, une bonne sagamité, avant de leur enseigner les bonnes manières ou le catéchisme. Elle a écrit à son fils qu’il était difficile de gagner les Canadiennes sans quelque temporel qui était comme l’amorce ou l’hameçon de la foi  ou encore comme un appât qui les attirait à Jésus-Christ  Elle connaissait le secret numéro un d’une bonne pédagogie qui est, sans contredit, l’amour des enfants manifesté dans des attitudes et des gestes de patience et de bonté. Elle a compris que les petites indiennes avaient de la peine à demeurer sédentaires et elle s’est vite rendu compte qu’il pouvait être inutile de vouloir les franciser à tout prix. 
 
La façon dont Marie de l’Incarnation s’adressait aux personnes ou dont elle parlait d’elles nous dit qu’elle avait développé une fine connaissance psychologique des gens et des peuples aussi. Conseillère de plusieurs gouverneurs de la Nouvelle-France dans les moments les plus difficiles de la colonie, elle savait allier la bonté et la fermeté. Avec son fils et sa nièce elle était tour à tour tendre et exigeante, mais toujours vraie.
 
Que dire de son zèle apostolique! Elle était amoureuse du Verbe et elle a épousé, dans toutes le fibres de son être, les intérêts de son Époux. Elle aurait voulu proclamer son nom à toutes les nations. Son esprit faisait le tour du monde et son cœur exerçait une pression sur le cœur du Père.

Voyons maintenant Marie de l’Incarnation dans ce qui touche à l’accompagnement et au discernement

Je connais un jeune homme dans la trentaine qui m’a demandé de lui passer des écrits de Marie de l’Incarnation. Ne voulant pas le décourager, je lui ai passé le petit livre des extraits de la Relation de 1654 présenté comme une sorte d’autobiographie. Il a lu cela d’un trait et m’a demandé de lui procurer les Écrits dans leur ensemble, car il ne faisait qu’arriver, comme il m’a dit, sur des points de suspension. Je lui ai donc passé l’intégrale de la Relation de 1654 et la correspondance. Il a tout lu et m’a avoué que Marie de l’Incarnation, à travers les lettres à son propre fils était pour lui une accompagnatrice hors pair.
 
Je suis convaincue que nous pouvons trouver chez cette femme les plus belles intuitions pour un solide accompagnement spirituel et un bon guide pour un discernement adapté à diverses circonstances. Les personnes consacrées peuvent y trouver leur compte, mais aussi les prêtres et, bien entendu, les laïcs. Elle peut nous rejoindre dans les situations les plus quotidiennes et les plus concrètes de nos vies d’hommes et de femmes. Elle a été mariée, mère de famille monoparentale comme jeune veuve, elle a connu les inquiétudes et les difficultés d’élever un enfant et d’avoir à le confier à d’autres; elle a exercé l’autorité de diverses manières et dans toutes sortes de circonstances. Elle a été tiraillée par des appels humainement contradictoires. Elle a été femme d’affaires et a dû faire face à des situations angoissantes. Elle a connu la vie religieuse cloîtrée et l’enseignement. Elle a connu les joies et les difficultés de l’émigration et de l’adaptation dans un pays tout à fait étranger. Elle a expérimenté la faiblesse de la maladie et les inconvénients du vieillissement. À travers tout cela, elle a vécu une vie spirituelle très intense et une vie apostolique débordante.

Elle écrivait à l’un des ses sœurs en  septembre 1644 : « Ne faites-vous point quelque peu d’oraison mentale? Cela vous servirait beaucoup, même pour la conduite de votre famille et de vos affaires domestiques. Car plus on s’approche de Dieu, plus on voit clair dans les affaires temporelles, et à la faveur de ce flambeau on les fait beaucoup plus parfaitement. Elle nous enseigne comment discerner, en écoutant nos réactions somatiques et les mouvements intérieurs de notre cœur, ce qui est bon pour nous et ce qui ne l’est pas. En tout cas, ses maux de tête lui signifiaient que certaines façons de prier ne lui convenaient pas, même si elles étaient recommandées par les grandes traditions spirituelles.
 
À sa nièce, elle a donné de judicieux conseils sur le choix des supérieures. Elle n’a pas camouflé les difficultés de la vie en commun ni celles de la vie spirituelle. Les étapes de la croissance qui nous font passer par l’alternance des consolations et des désolations sont clairement décrites dans ses œuvres. Elle a un jugement très sain sur le choix des directeurs spirituels et sur l’importance de l’accompagnement.
 
 Ses conseils sont d’un réalisme désarmant. Elle a les pieds sur terre. Pour avoir vécu dans une époque marquée par le jansénisme, elle n’en est pas atteinte. Pour elle, nos bêtises et même nos fautes peuvent nous servir de tremplin pour avancer dans l’amour. C’est que Marie de l’Incarnation désirait par dessus tout cette vie solide qui transforme en Jésus-Christ . Elle appréhendait les dévotions non fondées sur les maximes et la vie de Jésus-Christ  et préférait les extases d’actions  qui nous font sortir de nous-mêmes. Elle affirmait nettement le primat de la foi sur les choses extraordinaires sujettes à l’illusion . L’amour du prochain était pour elle « la marque la plus assurée de l’affection » que l’on a pour Dieu .
 
En plus de nous avoir laissé une façon de nous nourrir de la Parole de Dieu avec profit et suavité, elle nous offre, dans ses écrits, un véritable traité du désir et de l’intelligence du cœur. Elle rencontrait Dieu « en toutes les créatures et dans les fins pour lesquelles il les avait créées . Son langage est concret et très expérimental. C’est le langage des sens. Ses expériences de femme l’ont aidée à saisir ce qui se passait en elle au plan des expériences mystiques et à le nommer le plus adéquatement possible. C’est ainsi que son union conjugale l’a aidée à exprimer le adéquatement possible ce qu’elle avait vécu dans le mariage mystique et sa maternité lui a inspiré les mots qu’il fallait pour parler de l’Église primitive en douleurs d’enfantement.
 
Marie de l’Incarnation a aimé l’Église, surtout cette Église qui commençait en Canada et en qui elle voyait les traits de l’Église primitive. Elle avait un goût prononcé pour la liturgie et ses fêtes. Mais elle a aussi souffert de l’Église, de ses ministres. Elle peut nous prendre à aimer notre Église tout en demeurant éveillés et ouverts à l’esprit critique. Le domaine spirituel, cher aux personnes éveillées à la vie intérieure, échappe parfois aux hommes de l’institution.


Enfin, approchons-nous de Marie de l'Incarnation dans son expérience spirituelle

Il est possible que la dimension mystique de l’expérience spirituelle de Marie Guyart nous garde à une certaine distance d’elle. Nous nous disons chrétiens ordinaires. Pourtant, la vie de Marie Guyart de l’Incarnation est la vie chrétienne ordinaire, mais avec une grâce particulière, celle de la conscience. À ce titre, la vie de cette femme est très précieuse pour nous. Elle nous révèle, en termes de connaissance expérimentale, la vérité de notre vie intérieure qui est habitation de la Trinité comme réseau de relations. Marie de l’Incarnation est une mystique de l’Amour. Dieu est Amour et nous sommes créés pour l’Amour tout comme les anges, écrivait-elle à son directeur spirituel vers les années 1631-1632 . Ce qu’elle a expérimenté de la vie trinitaire est une source précieuse pour nous comme pour les théologiens ou maîtres spirituels. Elle est sûre que tous sont créés capables de son Amour . « Dieu divinise ses enfants et leur donne des qualités conformes à cette haute dignité . »Aussi a-t-elle une connaissance très profonde de l’Incarnation avec un attrait particulier pour les « mystères de l’humanité sainte de Notre-Seigneur».

La grâce de conscience n’est pas de tout repos. Pas plus que si nous avions conscience de respirer ou conscience de la circulation du sang dans notre système sanguin. Marie Guyart demandait souvent d’être libérée de cette conscience qui lui rendait difficile la vie dans son corps et dans le commerce avec les autres. Comment donc comprendre, au moins un peu, cette grâce des mystiques qui est grâce de conscience?

Vous savez que certaines personnes naissent avec un défaut de vision ou d’audition, soit en pas assez soit en trop. De même, je crois, par expérience, que certaines personnes ont une conscience atrophiée de leur vie spirituelle alors que d’autres ont une conscience hypersensible de la présence intérieure du Souffle de Dieu qui les habite et les anime. Cette expérience de conscience est le lot de quelques personnes qui sentent le Souffle de Dieu comme il nous arrive parfois de sentir notre respiration. « C’est l’expérience chrétienne commune, écrvait Dom Oury, mais vécue intensément avec des grâces de lumière très particulières qui ont permis à Marie de l’Incarnation d’en prendre conscience et d’en parler, les grâces des mystiques se situent dans l’exact prolongement des grâces ‘ordinaires’. » Et Penido écrivait aussi : « Le chrétien ordinaire peut bien produire des actes d’amour de Dieu et il en a conscience; mais il n’a point conscience de l’amour de Dieu pour lui. Marie (de l’Incarnation), au contraire, sent continuellement Dieu lui dire son amour et son langage à elle n’est que la réponse à cet amour. 
 
Marie de l’Incarnation, grâce à cette conscience, peut nous décrire en termes justes et éclairants la progression de la vie de Dieu en nous, sous la poussée de l’amour qui nous crée sans cesse et qui est la Loi de notre être. Elle nous révèle, par sa vie, que l’amour en nous aura le dernier mot, qu’au terme nous ne serons plus qu’amour, car l’amour nous transforme de jour en jour à l’image de plus en plus glorieuse du Fils de Dieu, puisque nous sommes tous fils et filles de Dieu. Elle nous révèle que notre vie est union intime de la chair et de l’Esprit et elle décrit aussi les étapes de notre croissance intérieure. Elle en parle en terme de pauvreté avec le langage des béatitudes. Mais que de dépouillement de tout ce qui n’est pas amour pour en arriver à cette virginité de l’être qui est pauvreté substantielle , c’est-à-dire n’être plus qu’Amour. Comment ne pas être touchés par ce qu’elle écrivait, quelques mois avant sa mort, soit en octobre 1971, pour décrire son expérience et répondre ainsi aux demandes de précisions de son fils: « si cette vue et cette expérience est d’amour, comme celui que j’aime n’est qu’amour, les actes qu’il me fait produire sont tous d’amour, et mon âme aimant l’amour, conçoit qu’elle est toute amour en lui : en voilà l’explication. Je voudrais me pouvoir mieux expliquer, mon très-cher fils, mais je ne puis. » 
 
Marie de l’Incarnation écrit à son Fils qu’elle est consolée de voir dans les œuvres des théologiens les grands mystères que Dieu lui avait communiqués. Et elle ajoute que les choses sont bien autres quand Dieu les imprime à l’âme que ce que l’on trouve dans les livres . La vie mystique est une participation à la vie trinitaire par le mystère de l’Incarnation. Dans cet état, l’âme ne désire que jouir, écrit Marie de l’Incarnation, « ce lui est assez de savoir par une science expérimentale d’amour qu’il est dans elle et avec elle et qu’il soit Dieu  ».

Il faut bien en arriver à une conclusion!

Comment, après tout cela, ne pas désirer ardemment partager notre héritage avec les hommes et les femmes de notre temps. Les frontières du monde sont éclatées. Nous faisons le tour du monde en un instant par tous les moyens de communication qui sont les nôtres. Le monde est dans notre salon. 
 
Les découvertes modernes nous rendent des services inestimables. Pourtant, nous n’en sommes qu’au B-A-B-A dans le domaine des relations humaines. Les fondements même de notre vie en commun sont comme ébranlés à tous les niveaux. L’Église et la société semblent en manque de projets mobilisateurs. 
 
Peut-être nous faudrait-il miser sur notre infinité capacité d’aimer et de vivre en relation, puisque nous sommes des fils et des filles d’un Dieu amour, réseau de relations. Je souhaite fortement que Marie de l’Incarnation nous aide à mieux comprendre notre époque et fasse de nous des allumeurs et des allumeuses d’espérance par la qualité de notre vie intérieure et par la vérité de nos engagements. Je souhaite que chacun ou chacune de nous trouve en elle le soutien et la lumière dans chacune des saisons de nos vies et dans toutes situations où nous nous trouvons, des plus exaltantes aux plus tragiques. Et je nous fais ce souhait que Marie de l’Incarnation faisait à son fils : « L’amour et la vie de Jésus soient notre vie et notre amour pour le temps et pour l’éternité! »

Jamet = J
Oury = O
Correspondance= C