Mais quelle mémoire vive!
Il y a de quoi ne pas en revenir! Dieu s’est donc mis en mémoire en nous par son souffle comme la source, par son eau, se met en mémoire dans le ruisseau! La source demeure dans le ruisseau tant que le ruisseau consent à demeurer dans la source. Comme l’eau dans le ruisseau est connaissance de la source, de même le souffle qui est en nous est connaissance de sa Source, à la fois nostalgie de Dieu et désir constant de Lui.
Ainsi en est-il du souffle de Jésus, généreusement répandu. Il est, dans notre chair, mémoire vive de Jésus, de ses paroles, de ses gestes, de ses attitudes. Nous pouvons donc tout faire ou dire «en mémoire de lui» si nous laissons son souffle nous parler, nous instruire, nous rappeler tout de Lui, de son Père, mais aussi de ceux et celles qui nous ont précédés en lui. À nous de faire des exercices de cette mémoire!
Je pense sérieusement que la mémoire vive de Jésus tout comme celle de Dieu, qui est la même au fond, joue une part de La Vérité en chaque être, en chaque personne, en chaque lieu de cet univers et en chaque temps de notre histoire. Et qu’il est essentiel de bien nous écouter, nous sentir, nous regarder, nous toucher, nous accueillir, nous aimer les uns, les unes les autres pour en arriver à goûter un jour la Vérité toute entière. Et si le don que j’ai reçu, que tu as reçu, était la part de mémoire divine qui veut jouer sa note dans la partition!
Se pourrait-il qu’à la fin du temps qui nous est donné pour partager nos souvenirs, nous nous retrouvions réunis dans et par le souffle de notre origine? Et qu’ayant oublié enfin tous les événements du passé, des plus récents au plus lointains, nous nous reconnaîtrons du même souffle et nous saurons que la mémoire Dieu faite chair en Jésus et en nous a tenu promesse.
Et si je demandais à Dieu qui, parmi tous ses enfants ou toutes ses créatures, lui ressemble le plus, peut-être me répondrait-il : tous ensemble!
En attendant, bravo pour Isaïe qui disait il y a quand même longtemps: «Vers ton nom, vers la mémoire de toi, va le désir de l’âme. Mon âme, la nuit te désire, et mon esprit, au fond de moi, te guette dès l’aurore» (Is 26)
Vous pouvez envoyer vos réactions ou questions à Soeur Rita Gagné: gagnerita@cgocable.ca |