Quelle différence y a-t-il entre des personnes qui voient un blessé puis passent de l’autre côté et celles qui voient puis demeurent près d’un blessé pour prendre soin de lui? La différence est dans le chemin qui va des yeux au coeur.
Nous le savons, il y a de l’interférence entre les lois ou prescriptions humaines et la Loi inscrite au fond du coeur, celle de l’Amour. Le prêtre et le lévite dont parle Jésus voient le blessé mais, soumis aux lois de Moïse qui les déclarent impurs s’ils touchent à un mourant, ils passent outre car un office les attend au Temple. Tandis que le Samaritain de passage, libre des lois de Moïse, est attentif à la Loi gravée par Dieu dans son coeur, le jour comme la nuit, à la maison comme en voyage et il ne peut que s’arrêter.
Ma foi! On dirait qu’il y a quelque chose d’anarchique dans l’Amour! Certaines de nos lois étouffent la vie alors que nos moindres gestes ou mots d’amour font tellement de bien. Et dire que Jésus, si souvent ému de compassion, nous a aimés jusqu’à l’extrême et nous a demandé d’aimer comme lui! Comme il devait être fluide le chemin qui allait de ses yeux à son coeur!
Que dois-je donc faire pour combler mon désir de vivre sans fin? Cette question du légiste est peut-être aussi la nôtre. Puissions-nous prendre conscience que notre désir profond n’est que l’écho vibrant de l’Amour qui veut orienter notre vie! Écouter la voix de notre coeur, c’est, bien sûr, risquer l’émotion qui incline tout l’être à se faire proche d’un frère ou d’une soeur mal en point et l’aider à reprendre coeur.
«Qui nourrit son frère ou sa soeur, en toutes les formes de la faim, entre dans la seule justice digne du Dieu qui est largeur du coeur et gémissement de tendresse des entrailles.» (M. Bellet)
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