La joie des retrouvailles

Ma mère avait promis cent dollars à saint Antoine si elle retrouvait son médaillon de la Madone. Ce bijou était, pour elle, précieux plus que tout, car sur la couronne de Marie étaient serties les pierres de naissance de chacun de ses treize enfants. Dès l’instant où elle a retrouvé son trésor sous la doublure trouée d’un pauvre sac à main, son téléphone n’a pas dérougi. Quelle joie!
Jésus nous parle aujourd’hui de la joie des retrouvailles pour quiconque a perdu ce qui lui tient à coeur plus que tout! J’ai le sentiment que les Pharisiens et les scribes, ceux d’hier et ceux d’aujourd’hui, tiennent beaucoup à coeur à Jésus. C’est comme s’il se demandait ce qui pourrait leur arriver pour qu’il partage à leur sujet la joie de son Père, celle du berger qui retrouve sa brebis, de la femme, sa pièce d’argent et du père, son enfant.
Au fils cadet, est arrivée la famine qui l’a forcé à entrer en lui-même. Réduit à garder des porcs sans toucher à leur pitance, il rêve de la maison et s’y voit simple ouvrier, se jugeant indigne désormais d’être appelé fils. Infatigable veilleur, son père l’aperçoit au loin. Il court et, le premier, se jette au cou du fils. Étreinte de tendresse! Et le fils affamé découvre en lui-même l’héritage qu’on ne peut jamais perdre : être pour toujours l’enfant de son père. Mais qu’est-ce qui va arriver au fils aîné pour qu’il goûte à son tour au festin de la tendresse?
Jésus aime donc bien les personnes devenues scribes et Pharisiens pour tant tisonner leur coeur avant qu’il ne soit trop tard! Je le sens rêver de la joie du Père si jamais elles basculaient dans l’amour et laissaient brûler en elles le feu allumé au commencement!
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