LES URSULINES ET LA JUSTICE SOCIALE
dans le Bas du Fleuve et la Gaspésie

Œuvres et organismes
Chaque religieuse, par sa prière, son intérêt et toute sa vie est un instrument de justice et de paix.

L’histoire des Ursulines de Rimouski révèle que les contacts avec les démunis prennent la forme d’œuvre depuis 1970. Rappelons l'insertion des religieuses à Pabos, en Gaspésie, en 1971: dix-neuf années de services obscurs auprès des gens du milieu. Un même mouvement de solidarité prendra naissance à Baie-Comeau dès 1973, avec une insistance particulière sur l'évangélisation. Cette démarche cheminera jusqu'à l'œuvre de Cap-Espérance en 1982, lequel prendra le nom de Porte-Espérance en 1988. La mission s'orientera vers les filles et les femmes en difficulté.

Déjà en 1976, on voit poindre à Rimouski un projet d'aide aux mères célibataires qui deviendra l'Accueil-Maternité en 1987.

Sur la Côte-Nord, s'ouvre aussi en 1981 une maison dont la mission est tournée vers les mères célibataires et leurs enfants, l'Accueil Marie-de-l'Incarnation.

En 1984, surgit la Maison Béthanie, un centre d'hébergement à caractère familial pour les personnes handicapées.

La même année, c'est l'Arbre de vie qui sort de la terre rimouskoise. Ce centre de jour desservira des clientèles multiples ayant des difficultés diverses. Comme un bon arbre, il aura son rameau. En 1989, l'Entraide Le Rameau s'appliquera à secourir les personnes en deuil, les couples qui vivent une séparation et les enfants qui en subissent les effets.

En 1991, l'Accueil Blanche-Goulet de Gaspé ouvre ses portes aux personnes en situation d'urgence sociale. Il offre l'hébergement et le dépannage alimentaire en misant fortement sur la réinsertion sociale.

En 1997, l'œuvre Aux trois mâts, centre de jour, veut raffermir la démarche de réhabilitation commencée par des personnes ayant des problèmes avec la drogue et l'alcool.

Les organismes mentionnés tiennent encore le coup. Quelques-uns ont été confiés à la relève et les autres s'orientent en ce sens. Ce sont là des œuvres de justice qui sont nées et ont évolué dans l'adaptation aux besoins des temps.

La justice couvre un champ si vaste! Je mentionne que les Ursulines ont été et sont encore impliquées en paroisse, au milieu du peuple de Dieu ; que les Ursulines ont généreusement investi et continuent de le faire dans des missions plus lointaines.

Comités et réseaux
Les Ursulines et leurs collaborateurs sont mandatés pour former des comités, se mettent en réseaux pour réaliser des activités au nom de la justice sociale. C’est un qui véritable JPIC provincial: Justice, Paix et Intégrité de la Création.

À Rimouski, Trois-Rivières et Québec un comité de justice sociale a été mis sur pied en 2000. Ses objectifs : informer, offrir des moyens, des lieux de ressourcement, favoriser les liens entre les religieuses ursulines, les autres communautés, avec l'Église, puis intervenir publiquement.

En 2001, un premier réseau est créé par la rencontre des comités provinciaux. Les objectifs proposés par l'Union canadienne rejoignent ceux des Provinces, quoique présentés un peu différemment : informer, conscientiser, engager, dénoncer, montrer les liens de notre charisme d'ursuline avec la justice.

Novembre 2002 voit naître un nouveau réseau : le comité intercongrégationnel. Suscité par la Table des Supérieurs majeurs de l'Est du Québec, il a réuni six congrégations différentes et quatorze personnes à sa première rencontre. En plus des objectifs déjà cités pour trois comités, ce comité a reçu le mandat d’ouvrir la porte à la nouveauté dérangeante, de mobilier nos congrégations pour une vision d’avenir et de regrouper les forces en vue d'une action concertée.

En juin 2003, la représentante de l’Union canadienne peut partager le rapport des cinq provinces de l’Union. Tous les comités travaillent dans le même sens.

Le Comité provincial s’ouvre aux associés en 2004. Il s’enrichira d’un membre très engagé dans différentes interventions.

Janvier 2005, le comité intercongrégationnel ouvre une porte aux laïques. La responsable de Développement et Paix pour l'est du Québec se joint au comité.

En 2004, la Supérieure générale délègue une sœur à la NAUJC, comité nord-américain des Ursulines pour la justice sociale.

En 2006, c'est un mandat de représentation au niveau de l'Union canadienne lui est ajouté.

Actions menées
En plus d’observer des gestes précis pour la protection de l'environnement (récupération), le respect de l'eau voici les actions menées par l'un et l'autre comité depuis l’année 2000 :

Écrire une lettre aux premiers ministres et à d'autres ministres
Participer à des pétitions
Rédiger les articles pour le Bulletin de la Province
Écrire quelques articles dans les journaux
S'abonner à des revues ou journaux d'information alternative
Aller chercher de la documentation dans le but de la partager (écologie)
Participer à des congrès, ressourcements: JPIC de la CRC et Entraide missionnaire
Intervenir aux conférences provinciales en lien avec le thème choisi pour l'année
Présenter un sketch à la conférence provinciale de 2000: « Bâtir un pèlerinage de justice »
Donner un exposé à la conférence provinciale de 2001 sur le thème: « Avance au large, là où l'eau est profonde... »
Présenter un vidéo: « Turbulences » à la même conférence provinciale
Distribuer une pochette de documents: cordes à filet pour la pêche en eau profonde
Faire venir Jean-Dominique Lévesque-René pour donner un exposé sur la lutte contre les pesticides
Écrire une lettre à tous les maires de l'est du Québec (comprenant la Côte-Nord) pour leur demander d'interdire l'arrosage aux pesticides.
S'informer et informer sur la mondialisation, suite à l'ALENA (Exposé au Conseil diocésain de pastorale de Gaspé)
Prendre de l'information sur les produits équitables auprès de François Bisson, à Développement et Paix
Faire campagne avec Développement et Paix pour l'accès universel et gratuit à l'eau potable L'eau avant le profit 2002-2004 : intervention liturgique lors de la journée de l'eau, marche à la mairie de Gaspé, questionnaire sur l'eau distribué dans les communautés locales, articles dans différents médias
Organiser et réaliser une journée de ressourcement sur la citoyenneté avec Michel Venne (à Rimouski, le 16 octobre 2004 et à Gaspé en avril 2005)
Donner quelques exposés, sur invitation, à des groupes d'associés sur la nature et l'importance de la justice sociale (activité réalisée par l'associée membre du comité provincial)
Présenter le comité intercongrégationnel dans un panel lors d'une journée Justice, Paix et Intégrité de la Création de la CRC, à Montréal (mars 2004)
Aller représenter l'Union canadienne des Ursulines à Candfield au NAUJC (octobre 2005)
Recevoir les témoignages de quatre (4) jeunes à l'occasion d'une réunion du comité inter élargi et échanger avec eux (mai 2005)
Réaliser la publication d'une feuille de chou intercongrégationnelle (projet en cours)
Faire les rapports annuels demandés par les autorités
Organiser et réaliser une journée de ressourcement sur le thème Partenaires pour agir autrement ouverte aux Ursulines, aux membres associés, aux Supérieurs majeurs et aux comités de justice sociale de Québec et de Trois-Rivières (21 octobre 2006) en demandant la collaboration de jeunes laïques

Action auprès des maires de l’Est du Québec
Nous avons appris qu'une loi provinciale a été votée interdisant l'arrosage aux pesticides et nous avons fait un lien avec notre campagne auprès des maires de l'est du Québec. Nous sommes convaincues de votre intérêt et de votre prière face aux injustices et aux détresses dont nous entendons parler.

Conclusion
Nous ne sommes pas seuls dans ce chantier. Il suffit d'ouvrir les yeux pour voir se lever les groupes à la défense des droits humains, pour la lutte contre la pauvreté, pour la protection de notre planète nourricière.

À titre d’exemple, l'Église Unie du Canada, au printemps 2007, a voulu mobiliser ses 590000 membres regroupés en 3600 communautés chrétiennes contre l'achat de l'eau embouteillée. Une eau qui part d'un autre aqueduc que le nôtre, qui est rarement contrôlée, qui provoque des déchets non biodégradables, que l'on paye deux fois, taxes et eau avec bouteilles, sans penser qu'en achetant l'eau, on agit comme si l'eau était un produit à commercialiser pendant que des centaines de millions d'humains ne peuvent avoir accès à de la bonne eau.

Extrait du rapport réalisé par Gertrude Huet, o.s.u.