Je n’ai personne!


Un missionnaire tout juste revenu d’Afrique me partageait son observation sur la pauvreté. Ici, me disait-il, les gens jugent qu’être pauvre c’est n’avoir rien; en Afrique, ils expérimentent que c’est n’avoir personne. «Je n’ai personne» répondit un homme paralysé depuis trente-huit ans quand Jésus  lui a demandé s’il voulait guérir. C’est une des réponses humaines parmi les plus tristes des évangiles.


C’est peut-être ce que Jésus veut nous dire en vantant, dans l’évangile d’aujourd’hui, un homme qui a tout fait pour ne pas se retrouver seul un jour. La «une» de l’actualité ne manque pas de nous faire connaître de ces gens fort habiles à s’assurer de «bons contacts» en donnant des pots-de-vin, quitte à tromper pour y arriver! Malhonnêtes peut-être, mais plus habiles, dit Jésus, que des gens pourtant  mieux éclairés, car ils le font pour se faire des amis qui, un soir de fin de règne,  pourront les accueillir chez eux.


Nous faire des amis avec l’argent, c’est sentir d’une certaine manière que l’argent ne peut rien nous garantir, qu’il est vain de lui asservir notre vie, encore moins nos amours. Un jour vient où nous ne pouvons compter que sur la relation avec les autres et, en définitive, avec  Celui qui est source de nos vies.


Au fond, le gérant dont Jésus nous parle aujourd’hui avait, en secret, un autre dieu que l’argent. Il comptait plus sur la relation qui demeure que sur l’argent qui passe.  Jésus nous invite donc à servir un autre Dieu que l’argent,  à devenir des êtres-de-relation, à prendre soin de la relation, à la nourrir, à la guérir s’il le faut, même à  investir dans cette assurance contre l’isolement. Heureux qui, honnêtement,  met son argent au service des relations, il est au service d’un autre Dieu!

Pour rejoindre Soeur Rita: gagnerita@cgocable.ca