L’Éducation des Ursulines : une éducation à saveur d’humanité à travers les temps.
                

Il me semble que vous devez vous reconnaître et vous retrouver dans cette façon de caractériser la pédagogie des Ursulines puisque vous la vivez quotidiennement là où vous avez accepté le défi de participer à une relève institutionnelle qui doit actualiser les valeurs éducatives d’Angèle Merici et de Marie de l’Incarnation.

Ce que je vous propose donc, dans la suite de notre rencontre de l’année dernière, c’est, dans une première étape, de revoir comment cette pédagogie est née dans le cœur d’Angèle et par quelle voie, à  travers les temps, elle est parvenue jusqu’à votre propre cœur. Car c’est là qu’elle doit être enracinée si nous voulons qu’elle continue de porter du fruit.

Puis, dans une seconde étape, nous remonterons jusqu’à la source qui a inspiré cette action éducative afin de saisir davantage peut-être sa fin ultime.  Et ce, dans le but de garder bien vivante cette saveur éducative là où vous êtes aujourd’hui, vous, chacune, chacun qui êtes un maillon précieux d’une longue chaîne de femmes et d’hommes qui un peu partout à travers le monde (nous le verrons un peu plus loin)  se sont engagés à poursuivre l’œuvre des Ursulines.

Éducation à saveur d’humanité.

J’ai donc, pour une part, préparé cette rencontre avec vous en naviguant, non pas sur la mer océane comme Marie de l’Incarnation, mais bien sur le net! Bravo pour la beauté de vos sites respectifs et leur contenu! Je les ai consultés avec grand intérêt à la recherche des expressions ou des formulations aux couleurs mériciennes, en essayant de déceler quelques  traces de l’humanisme dont  Marie de  l’Incarnation a caractérisé son œuvre en terre canadienne, humanisme sur lequel nous avons bien réfléchi l’an dernier. J’ai été heureuse de retrouver, dans la présentation de vos projets éducatifs ou de vos énoncés de mission, des valeurs bien mises en évidence.

Par exemple :

- L’attention à la personne : 
                            «  Se préoccuper de la personne… »
                            «  Mettre la personne au cœur des décisions… »
                            « L’étudiant au cœur des préoccupations… »

- Le souci des relations :      
                            «  la relation humaine occupe une place centrale…»
                            « des relations empreintes d’humanité …»
                            « apprentissage des relations interpersonnelles
                                                    harmonieuses…. »

- Le respect :
                            «  un milieu de vie cimenté par le respect… »

- Une préoccupation pour le développement de la personne dans toutes ses dimensions :
                            «une formation axée sur le développement intégral…»

En naviguant sur vos sites, j’ai aussi découvert que vous êtes en lien avec des associations ouvertes sur le monde dans un souci de solidarité et d’universalité. La plupart d’entre vous avez rejoint la Société des Écoles du monde qui offre un programme d’éducation internationale à tous les niveaux. Ce programme a pour let-motive :

Un cœur et un esprit ouverts sur le monde et pour objectif le développement intégral de l’élève. Il prône des valeurs qui correspondent à celles de la pédagogie des Ursulines. J’ai eu la joie de le constater l’an dernier, le 30 avril, dans MON ÉCOLE(!) lors d’un exercice d’arrimage entre les deux projets pédagogiques.

Vous êtes aussi membres d’un autre grand réseau international : celui des Écoles ursulines ou de tradition ursuline. L’Union canadienne compte 12 écoles ou collèges dans 3 pays : Québec(!) Pérou, Japon lesquels sont membres (sauf au Pérou,) de la NAUES qui regroupe 49 établissements dans 9 pays différents : États-Unis, Canada, Mexique, Japon, Australie, Brésil,  Barbade, Afrique du Sud, Taïwan. L’Union romaine à elle seule regroupe 162  établissements scolaires dans 44 pays…que je n’énumère pas.  

On me dit qu’une ou qu’un étudiant qui quitterait une école du programme international pour en rejoindre une autre, du même programme, ailleurs sur la planète, y serait parfaitement à l’aise. En serait-il ainsi pour l’une ou l’autre de vos élèves ou étudiant qui passerait de votre école ou collège quelque part en Europe ou en Asie dans un autre établissement de tradition ursuline?

Du cœur d’Angèle jusqu’à nous….

La mère du réseau, c’est bel et bien Angèle Merici. Une humble femme qui n’a jamais fondé d’école mais qui a donné une solide formation  humaine et spirituelle à des femmes qui se sont vu confier par la suite  l’éducation des petites filles dès 1560 en Italie, puis, un peu plus tard, soit en 1594, en France.

L’époque où Angèle a vécu ressemble étrangement à la nôtre : époque de grandes découvertes scientifiques, de conquêtes territoriales, d’élargissements des horizons européens,  mais aussi de guerres, de violence. Sainte Angèle  a œuvré au sein d’une société en déséquilibre : la famille se désagrège, les injustices sociales sont criantes, l’écart grandit entre riches et pauvres, l’Église est minée par des scandales et déchirée par le mouvement de Réforme protestante. Un monde où la personne, comme aujourd’hui, est oubliée, déconsidérée, exploitée, violentée, asservie de toutes sortes de façons. Au sein de ce monde, Angèle travaillera à la promotion des personnes  et à l’instauration de relations de qualité entre elles. Le « une à une » changera la société, croyait-elle. Une humble action dans une visée large comme le monde! Et dans une confiance inébranlable dans la grandeur, la bonté et la beauté d’un être humain que l’on invite à se déployer dans toutes ses dimensions humaines, psychologiques, intellectuelles et spirituelles.
                                                                  
Angèle est une femme de relations. Elle a des amis dans toutes les couches de la société : des dames nobles, un duc, un marchand de tissus, un humaniste, un diplomate, des artisans et des ouvriers de son quartier, des jeunes. Elle a le don de se faire aimer!

Elle  cherche l’essentiel, le durable. Elle répond au  besoin le plus urgent de son époque, un besoin de retrouver un équilibre  dans une recherche de sens au milieu d’un monde écartelé et à bout de souffle,  ébloui par ses découvertes et ses conquêtes jusqu’à en perdre la tête…et l’âme… Sa passion : réconcilier ces deux parts de l’être, réconcilier les êtres entre eux, les réconcilier avec Dieu, les établir dans la paix.  Elle travaille avec ardeur  à l’assainissement d’un climat où le tissu humain pourrait  se régénérer. Cette femme fait figure de repère pour ses contemporains.

« Dans une société à dominante masculine, elle met l’accent sur l’importance du rôle de la femme dans la sauvegarde et la transmission des valeurs essentielles. » (Site de l’Union romaine) Elle est novatrice, créatrice, elle trouve des formules nouvelles adaptées à son temps et elle invite ses filles à  faire de même :

« Si selon les temps et les besoins il y avait de nouvelles dispositions à prendre ou quelque chose à modifier, faites-le prudemment et avec bon conseil. » (Dernier legs).

« Dans une société cloisonnée séparant ceux qui combattent, ceux qui prient et ceux qui travaillent, elle ouvre une brèche en engageant laïcs et consacrées à œuvrer ensemble au service de l’Évangile. » (site de l’Union Romaine) C’est une rassembleuse!

Nous connaissons beaucoup de ses avis et conseils imprégnés d’un humanisme suave. Ils parsèment nos différents documents  qui mettent en relief sa pédagogie. Je  vous en remets quelques-uns en mémoire :

Soyez affables et humaines.   2ième avis

Ayez le souci de toutes les tenant gravées dans votre cœur une à une.  2ième legs

Vous obtiendrez plus  par l’affection que par la sévérité et de durs reproches. 2ième avis

Veuillez vous efforcer de les conduire avec amour d’une main douce et suave(…) vous gardant de ne rien obtenir par la force. 3ième legs

Si vous en voyez une timide(…) réconfortez-la, encouragez-la. 2ième Avis.

Ces dispositions et attitudes du cœur de la Madre comme on l’appelait dans son entourage, sont passées dans le cœur des filles formées par cette femme de Dieu. Ces dernières appelées d’abord à dispenser l’enseignement de la catéchèse en Italie, comme je le disais précédemment, ajouteront à cet  enseignement, quand elles l’assumeront plus tard en France, celui de la lecture, de l’écriture et du calcul.
                                                              
Suite au Concile de Trente, les Ursulines seront cloîtrées.  Selon le conseil d’Angèle, elles s’adapteront  et feront preuve de créativité. Pour demeurer proches des jeunes vers qui elles ne peuvent plus aller, elles leur ouvriront leurs propres maisons et les recevront dans des pensionnats. Répandues en France, elles iront ensuite en Belgique, en Allemagne, et suite à des persécutions elles essaimeront partout en Europe, en Amérique et même en Asie. Au moment de la découverte du Nouveau Monde en1639, Marie de l’Incarnation deviendra celle à travers qui la tradition méricienne passera jusqu’à nous aujourd’hui.

Les Ursulines ont longtemps assumé elles-mêmes les tâches de direction, l’enseignement, et tous les services offerts dans ces institutions. Mais peu à peu, elles se sont adjointes des laïcs, d’abord des femmes, puis, par la suite, des collègues masculins pour partager avec elles la mission éducative jusqu’à procéder ces dernières années à l’instauration d’une relève institutionnelle en qui elles ont mis beaucoup de confiance et d’espoir.

Le 450e de fondation des Ursulines, en 1985, a suscité un mouvement de remise en lumière de la pédagogie de sainte Angèle. Des rencontres ont été organisées pour creuser sa pédagogie et sa spiritualité. Environ à la même époque, au Québec, nous avons commencé à réunir le personnel de direction des collèges et écoles. Et, depuis quatre ans, nous réunissons aussi, chaque année, suite à votre demande, quelques membres de votre personnel  que vous désignez vous-même.
 
En France, en 1988, des colloques ont été organisés sur divers sujets  comme « Aux sources de l’avenir ». Depuis 1989, des journées mériciennes rassemblent tous les deux ans des membres des communautés éducatives ursulines autour d’un thème particulier. Ce réseau s’est élargi à toute l’Europe depuis 2005 et des rencontres internationales ont eu lieu en Indonésie et au Brésil en 2006 sous le thème : Éduquer à la paix.  

Les Ursulines d’Asie-Pacifique rassemblent aussi régulièrement le personnel de leurs Écoles. Nous participons à ces rencontres. L’an dernier, deux conseillères générales, sœur Lise Munro  et sœur Fusako Itahashi y ont participé, à Sydney, avec nos Sœurs du Japon et des Philippines.

Plus près de nous, les rencontres avec nos partenaires des États-Unis contribuent de la même façon à établir un réseau de solidarité et d’enrichissement, toujours dans cette optique qui rejoint le slogan de la Société des écoles du monde : Un cœur et un esprit ouverts sur le monde. ( Source : Site de l’Union Romaine, Témoignage de Sœur Brigitte Monnier.)

Pistes de réflexion pour l’échange :

1- Qu’est-ce que  la remise en mémoire de ces quelques traits de la physionomie d’Angèle  a suscité en vous?

2- La pensée éducative d’Angèle a traversé l’histoire jusqu’à nous.  Comme leaders   de vos établissements, comment assurez-vous la transmission de cet héritage que vous vous êtes engagés à promouvoir  en acceptant d’œuvrer dans une École de tradition ursuline?                                          

Source de cette pédagogie.

Cette pédagogie  à saveur d’humanité a  sa source dans la pédagogie divine. Angèle et Marie Guyart ont  aimé à la manière de Dieu. Aussi paradoxal que cela puisse paraître cette pédagogie si profondément humaine est issue de l’expérience spirituelle de deux femmes  imprégnées de la pédagogie même de Dieu. Ayant goûté dans l’intime de leur cœur la manière divine d’éduquer, elles l’ont pratiquée et répandue.

Angèle avait la conviction d’être aimée de Dieu. Elle parle de Lui comme de « celui qui m’aime dira-t-elle et qui nous aime toutes. » (5ième legs) Dans son dernier avis presque dans les mêmes termes elle réaffirme : «  Celui qui m’aime ou plutôt qui nous aime… » (Dernier avis) Et dans son dernier legs : « Celui qui nous aime toutes. » Nous reconnaissons ici le  « une à une » et le « toutes ensemble » de sa pédagogie.
 
Ce Dieu qui l’aime, il l’a respectée dans son cheminement. Elle fonde vraiment son œuvre seulement à la toute fin de sa vie N’est-ce pas ce respect de Dieu pour elle qui l’inspire de nous recommander : «  Et par-dessus tout gardez-vous de vouloir faire faire par force, car Dieu (…) ne veut forcer personne, mais seulement, il invite et conseille. »(3ième legs).

Convaincue d’être aimée et accueillie  dans sa fragilité, elle incite à reprendre avec amour l’une ou l’autre  tombée dans l’erreur « suite à sa fragilité humaine » (8ième avis)  sans juger, car, poursuit-elle, « qui peut juger les cœurs et les pensées secrètes au-dedans de la créature? » (8ièmeAvis).

Angèle avait sans doute goûté les confidences de Dieu qui parlait de son peuple au prophète Osée  en des termes touchants : «  Je les conduisais  avec de douces attaches, avec des liens d’amour.  Ils n’ont pas compris que je prenais soin d’eux. » (Osée11, 1-4) Est-ce étonnant de retrouver dans ses recommandations des paroles presque textuelles :

« Veuillez vous efforcer de les mener avec amour, d’une main douce et suave » (3ième legs) et, dans son prologue aux avis, parlant des personnes qui nous sont confiées: « plus vous les aimerez, plus vous prendrez soin d’elles »?

La couleur de l’activité éducative de Marie de l’Incarnation

Quant à Marie Guyart,  au moment  de son entrée aux Ursulines, en choisissant le nom de Marie de l’Incarnation, elle  nous révélait la couleur de son activité éducatrice. Ce serait celle du Verbe Incarné : une pédagogie « profondément humaine en son expression » (1) – comme nous l’avons vu l’an dernier - et divine en sa source comme nous le soulignons aujourd’hui.

Dès son enfance, la petite Marie Guyart est favorisée par Celui qui deviendra son Grand Dieu et qui la comble de grâces particulières. Elle s’ouvre, disponible à l’accueil d’un amour qui la façonnera d’une manière toute spéciale. « La bonté de Dieu me conduisait (…) elle perfectionnait ce que j’avais de bon en moi(…) me remplissait de bénédictions de sa douceur ». (2)

Cette vie d’intimité avec Dieu, qu’elle développe en suivant ce qu’elle appelle  une tendance vers Lui,  l’amène  à Le rencontrer en « toutes les créatures » et à « agir avec beaucoup de douceur  avec le prochain » au point de ne «  trouver du soulagement que dans les actions de charité ». (3)

« Dieu ne m’a jamais conduite par un esprit de crainte, mais par celui de l’amour et de la confiance » (4)  écrivait-elle, en octobre 1668, quatre ans avant sa mort.  Les conduites de Dieu sur elle, qu’elle identifiait si bien, ne sont-elles pas une mise en lumière de la pédagogie divine dont elle sera imprégnée? Pédagogie qui marquera par la suite sa propre façon d’aider les âmes, chose à laquelle elle avait de « fortes inclinaisons », ce qui l’avait incitée à entrer aux Ursulines instituées pour cette mission. (5)

Il serait trop long de refaire l’itinéraire de la Bienheureuse en identifiant chacun de ces moments où elle nous partage la manière dont Dieu l’a éduquée c’est-à-dire l’a dirigée sur la route de sa croissance humaine et spirituelle. Mentionnons seulement quelques exemples. Dieu se révélera à elle comme le Dieu d’Amour : « La voie par où l’infinie Bonté me conduit n’est autre que son amoureuse familiarité… » (6) Pendant dix ans, elle a dû mûrir son projet de fondation en terre canadienne pour lequel Dieu la préparait déjà, à son insu, lorsqu’elle eût à assumer la gérance du commerce de son beau-frère et le service dans la maison de son frère : «  Toutes ces épreuves, humiliations et enfin tout ce qui s’est passé chez mon frère à mon égard, était une disposition pour me former pour le Canada.».(7)

Si  Jésus a pu dire à ses disciples : «  Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés », (8) Marie de l’Incarnation aurait pu dire en toute authenticité à ses proches, à son fils, à ses petites sauvages qu’elle appelait les délices de son cœur, « Comme Jésus-Christ vous a aimés, moi aussi je vous ai aimés ».

C’est de cet amour dont elle témoigne d’abord. Par exemple, sur les quais de la Loire, empressée au milieu des débardeurs « se faisant toute à tous pour les gagner à son Bien-Aimé ». (9) Et par la suite, au Canada, au milieu des autochtones les enseignant des vérités de la foi. Car, pour elle, toute personne a coûté le sang de Jésus-Christ et elle ne peut supporter que «  tous ne vivent pas encore » de cette révélation qui leur donne une si précieuse valeur. Cette prise de conscience a mis dans son  âme un extrême désir de « contribuer à leur faire trouver la vie », (10) désir qui lui fera traverser l’océan pour apprendre aux « délices de son cœur » (c’est ainsi qu’elle appelait les amérindiennes de la Nouvelle-France) à aimer Jésus et Marie.

Elle fait grandir et accompagne à la manière de Jésus avec le même respect des libertés mais avec la même audace pour inviter au radicalisme et à l’engagement véritable dans un sain réalisme. Elle incite à une connaissance de soi et une écoute de ce qui se passe au centre de l’être, là où l’Esprit révèle les volontés divines. A son fils Claude,  elle conseille à maintes reprises de se laisser conduire par le divin Esprit.   L’Esprit dont elle parle, c’est l’Esprit de Jésus Christ qui l’a si amoureusement conduite et animée d’une passion qui lui fera aimer toute personne  dans ce désir de la faire accéder à la plénitude totale de sa véritable identité d’enfant de Dieu.

Il serait dommage que nous, qui nourrissons notre action pédagogique des valeurs qui furent celles de sainte Angèle et de Marie de l’Incarnation, nous en venions, avec le temps ou  à cause du contexte actuel, à oublier la source d’un tel courant de VIE qui a traversé les siècles jusqu’à nous. Nous sommes héritiers, héritières…serions-nous honnêtes de ne faire fructifier qu’une part de cet héritage qui nous est confié laissant dans l’ombre  l’autre,  dont elle tire son origine, à cause de je ne sais quelle gêne, quelle crainte ou quelle indifférence?

Une telle frilosité serait bien regrettable puisque, comme au temps d’Angèle, nous vivons au sein d’une société qui, tout à la fois, s’éclate dans des réalisations merveilleuses et s’asphyxie dans un matérialisme et un consumérisme déshumanisants. Julia Kristéva, psychanalyste contemporaine écrit à ce sujet : « pressés par le stress, impatients de gagner et de dépenser, de jouir et de mourir, les hommes et les femmes d’aujourd’hui font l’économie de cette représentation de leur expérience qu’on appelle une vie psychique… L’homme moderne est en train de perdre son âme ».

Offrons-nous à notre clientèle étudiante des lieux, des espaces, des activités, des projets susceptibles de nourrir « leur âme »? Développons-nous des avenues facilitant leur accès à une vie d’intériorité qui les ouvre sur le spirituel, sur l’absolu de quelque horizon qu’il soit?

Lors de notre rencontre avec les membres de votre personnel respectif l’an dernier, j’ai  perçu une soif de creuser cette dimension de l’être. Ce partage m’a donné beaucoup d’espérance. Car le Souffle c’est comme le vent, jamais on ne pourra le mettre en cage!

Pistes de réflexion pour l’échange.

1. Reconnaissez-vous dans votre pratique pédagogique des traces de la pédagogie divine, c’est-à-dire des manières d’être et d’aimer qui  s’inspirent de cette pédagogie?

2. Avez-vous créé ou sauvegardé dans votre École ou Collège, des lieux, des  moyens, des projets propices à l’éveil et/ou au développement  de l’intériorité ou de la spiritualité tant chez votre personnel que chez les élèves ou étudiants?


Cécile Dionne o.s.u.
Québec, 14 avril 2010                                   
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1. Alliance Nouvelle, Constitutions des Ursulines de l’Union canadienne, no 15
2. Marie de l’Incarnation, La relation autobiographique de 1654, Solesmes, 1976,  p.20,23,25,
3. La Relation. p. 40, 50, 52.
4. Marie de l’Incarnation, Le témoignage, Dom Albert Jamet, Beauchemin, Paris, 1932, p.323.
5. La relation p. 75.
6, Le Témoignage p.280.
7. Le témoignage p.26.
8. Jean 15,9.
9. La Relation, p.65.
10. Marie de l’Incarnation, « Lettre X11, à Dom Raymond de St-Bernard, du 10 avril 1635 » dans Correspondance, G.-M. Oury, Solesmes, Éditions de Solesmes, 1971, p.27.                      

                               
Réactions des particpant(e)s à cette conférence: 

Même aujourd'hui dans le monde moderne, les valeurs Ursulines et d'Angèle Mérici sont demeurées dans l'éducation comme un phare qui nous permet de nous orienter.

J'ai aimé...

Ce thème nous rejoint au coeur de notre mission éducative.

Soeur Cécile a fait le lien avec l'histoire d'Angèle Mérici et aujourd'hui.

La source de notre héritage « méricien » demeure la pédagogie divine : aimer les élèves, leurs parents et mes collègues à la manière dont j’ai été aimée par Dieu :  aimer à la manière de Dieu telle est ma mission si je m’engage à suivre les traces de sainte Angèle et de Marie de l’Incarnation qui disait : « La bonté de Dieu me conduisait. Elle perfectionnait ce que j’avais de bon en moi. »
Clarté des éléments, contenu apporté par Sœur Cécile Dionne.

Les valeurs  véhiculées et à maintenir dans les institutions.