CROIRE SANS AVOIR VU!





Comment ne pas me réjouir puisque le Ressuscité peut entrer chez nous alors même que nous sommes verrouillés! Verrouillés par la peur, dont celle d’être jugés et exclus, verrouillés aussi dans les images désincarnées que nous nous faisons des personnes et des réalités.

J’entends le «ouf» de joie des disciples quand Jésus les a salués d’un beau «paix à vous!» Et je contemple Jésus qui leur montre ses mains et son côté. Puis, comme au jour de la première création, il souffle sur eux et les greffe à son Souffle pour qu’ils deviennent ensemble des passeurs de Souffle, des communautés de pardon.

Je me réjouis aussi de l’absence de Thomas lors de la première visite de Jésus. Huit jours plus tard, les disciples, qui ont déjà été envoyés, sont pourtant encore verrouillés. Thomas doit bien se souvenir  que  Jésus  s’est toujours refusé à être pris pour un fantôme. Et il veut vérifier, par la trace des blessures, la vérité de la présence de Jésus.  

J’aime ce Thomas qui me ramène au réalisme de l’incarnation. Il me sauve des : «je m’aimerais donc si je n’avais pas ce défaut ou cette blessure», «j’aimerais donc cette personne ou mon Église si elle n’était pas comme ça». Aux gens qui s’enferment dans un idéalisme à oeillères, j’ai envie de dire : «tant que je n’aurai pas vu vos faiblesses ou vos blessures, je ne croirai pas!»

Oui, «heureuses, heureux ceux qui croient sans avoir vu»! Heureux qui a cru en Jésus alors qu’il marchait avec eux! Heureux, heureuse qui croit en son enfant, en toute personne, maintenant, sans attendre de voir ce qu’il ou elle peut devenir un jour!  Chanceux, chanceuse qui rencontre une personne qui  croit en lui ou en elle à tout âge de sa vie! Comment penser croire en Dieu si je ne crois pas  en l’être humain!
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