
Tant de voix nous prient, en écho aux paroles de Jésus, de changer notre style de vie : appels à la simplicité volontaire, au marché équitable, au souci des petits et des laissés pour compte, au soin de notre environnement. Il y va de notre avenir claironnent-elles à temps et à contretemps.
Fouiller le passé et le présent à la recherche de coupables pour conjurer les catastrophes qu’engendrent la violence et la négligence dans la course effrénée au progrès, cela ne suffit pas. Il faut réaliser ensemble que si nous continuons à vivre soumis aux dictats de l’argent et du pouvoir nous périrons tous de la même manière. Nous devons décider ensemble de nous «débrancher» de valeurs qui nous déshumanisent et nous mènent, à plus ou moins longue échéance, à un cul-de-sac chaotique.
Plus Jésus s’approche de Jérusalem, plus ses appels se font insistants pour sauver l’humain dans toutes ses dimensions. Il nous rappelle l’étroit sentier qui mène à la vie ensemble, celui du respect mutuel, du partage, de la justice. Selon lui, il sera vain un jour de penser nous en sortir parce que nous aurons prié en sa présence, entendu ses enseignements, chanté le cantique de Marie sans réaliser qu’il avait quelque chose de subversif.
Un jour, les personnes qui risquent d’aimer se reconnaîtront bien entre elles! Elles viendront de partout pour le rendez-vous du nouveau festin, celui de la solidarité, de la convivialité. Les autres, formatées pour les larges entrées, ne pourront peut-être pas avoir accès à ce lieu aux portes trop petites pour elles et, à leur tour, pourront se sentir exclues.
S’il était urgent de discerner ensemble à quel impératif nous obéissons dans nos choix quotidiens! À celui du chacun, chacune pour soi ou à celui de la solidarité?