UN TOUR DE CHAPELLE 

Voici qu'il m'est demandé un article sur la chapelle du Centre de Renouveau Chrétien des Ursulines à Loretteville! Rien de plus, rien de moins. Mais que dire... Comment le dire? Comment mettre en mots la dimension spirituelle d'un lieu? Autant de questions sans réponse. Alors, la pensée m'est venue de vous offrir, en guise de présentation, un « tour de chapelle ». Vous venez? 

Un coup de baguette vous mène à l'entrée de la chapelle.


Ce matin, plein soleil. Grâce aux hautes fenêtres ambrées, luminosité quasi parfaite! C'est le moment idéal pour effectuer le « tour de chapelle » promis. Dès l'abord, l'oeil est frappé par la majestueuse simplicité de ce lieu d'allure mi-moderne, mi-monastique, fruit d'une recherche artistique et spirituelle amoureuse.   


LA CHAPELLE LATÉRALE 








Sur la gauche, une chapelle latérale, à l'entrée de laquelle veillent Marie et Joseph, retient l'attention. C'est un peu comme un « coin de prière » domestique au coeur d'une grande église. Par ses vitraux, sortis de l'Atelier Ferland et Dionne, en 1962, ce «coin » témoigne, lui aussi, d'une volonté artistique indéniable. La barque, le poisson, la colombe, la balance sont là comme autant de poteaux indicateurs d'un chemin infiniment sûr de spiritualité : l'Eglise, le Christ, l'Esprit, le Père. 



L'AUTEL 



Un léger retour sur nos pas, et, voici l'autel d'une austère beauté. De pierre de grès, ce dernier, a été exécuté à Varsovie, en Pologne, par l'artiste Jerzy Jarnuszkiewicz, frère de M. Zbigniew Jarnuszkiewicz, architecte alors employé de M. Lucien Mainguy. L'artiste a travaillé avec la collaboration de son plus jeune frère, Krystyn. Des panneaux, sculptés à même la pierre, représentent les douze apôtres, chacun portant l'instrument de son supplice. Judas est là, lui aussi, mais à l'arrière! Sculptés, sur les côtés, apparaissent les symboles traditionnels des évangélistes. Ainsi, la table du sacrifice repose sur les colonnes de l'Eglise!


LE TABERNACLE 
 


L’oeuvre est un dyptique dont chacun des volets constitue un des battants de la porte. La composition, à mi-chemin entre la figuration et l’abstraction, s’articule à partir des demi-sphères qui évoquent la terre et le cosmos : magna de vie et univers infini créés par le Dieu de la Genèse. Autour de ces masses, gravite un monde de symboles, images archétypes tirées de l’Ancien et du Nouveau Testament.  

L’or blanc qui recouvre la surface de la porte, confère un caractère de richesse, empreint de sobriété, qui sied si bien à cet élément qui correspond au foyer de la chapelle. Le sculpteur montréalais, Normand Rondeau, a réalisé le tabernacle en 1997.


LAMPE DU SANCTUAIRE

 

La structure de la lampe consiste en un rectangle allongé dont le contour dépouillé et la ligne simple rappellent la stèle. Le cuivre qui recouvre une partie de la sculpture crée un lien heureux avec les oeuvres qui ornent le choeur de la chapelle : la grande murale en céramique et le Christ en cuivre martelé.

 
LE CHRIST
 

 

 

Levez les yeux. Attaché à la Croix, voyez le Christ, austère, inquiétant, peu confortable, mais dont le regard, plein de douceur, attire incontestablement le nôtre pour peu qu'on le fixe dans un élan de tout son être. On peut aimer ou n'aimer pas cette représentationsymbolique d'un Dieu qui est né, qui a souffert, qui est mort par amour pour chacun de nous mais qui, nous le savons, est ressuscité. 

Ce Christ, de tôle de cuivre martelée, a, lui aussi, été conçu et réalisé à Varsovie par Jerzy Jarnuszkiewicz avec la collaboration de Wojciech. Il n'est peut-être pas inutile de rappeler ici que ce Christ est enregistré au Ministère des Affaires culturelles de Pologne, sur la liste officielle des chefs-d’oeuvre qui se trouvent à l'extérieur du Pays. 


LES MURALES
 

 

 

Après cette parenthèse, poursuivons notre visite, si vous le voulez bien! Derrière la croix, créées a même le mur, douze niches abritent douze murales sorties des mains et du coeur du regretté sculpteur et céramiste de renom, Jordi Bonet. L'oeuvre, dans son ensemble, évoque, en crescendo, le cheminement spirituel de tout chrétien en marche vers son Dieu, Père, Fils et Esprit. 

Les murales, qui datent de 1962, sont l'oeuvre de Jordi Bonet, sculpteur et céramiste de renom, d'origine espagnole, qui demeurait à Saint-Hilaire.
 

La première cuisson de ces pièces a été faite à Montréal, tandis que la dernière a eu lieu en Belgique. Chacune de ces murales a été mise en place avec un soin jaloux au moyen d'échafaudages et d'échelles. L'artiste, très fier de son oeuvre, la faisait admirer sans contrainte. Ses parents, venus d'Espagne pour le visiter, ont contemplé avec émotion le travail de leur fils. 

L'oeuvre dans son ensemble, illustre le cheminement spirituel du chrétien en marche vers Dieu, Père, Fils et Esprit.
 

    

   

 

 

En premier lieu, 1 Tim 2, 1-6, invite à une prière universalisée. Puis, Col 3, 14-17, rappelle les attitudes intérieures profondes, qui doivent se traduire en actes : attitudes de charité, d'union à Jésus et à nos frères en quelque circonstance que ce soit. A gauche, en Rm 8, 35-37, la réponse sans équivoque du chrétien : « Qui me séparera.... ». 

    

     

 

 

    

 

 


En deuxième rangée, à droite et à gauche d'une murale destinée seulement à servir de fond lumineux à la croix du Christ, deux céramiques témoignent des deux attitudes fondamentales du chrétien en marche, la prière et l'offrande, avec le si beau texte de Paul 1 Cor 3, 23, « Vous êtes au Christ et le Christ est à Dieu ». Ces attitudes sont indispensables pour élever à la contemplation du mystère de la Trinité. 

 


    
   

 


Dans la rangée suivante, les céramiques de droite et de gauche, pure louange contemplative, introduisent à la contemplation elle-même. 


 



    
   
 

Avant d'en arriver aux murales les plus importantes, celles de la rangée supérieure en fonction desquelles les autres existent, il est à remarquer les murales du centre, en ligne verticale avec la croix : 

     Dieu, Père, Fils et Esprit
     Que votre charité soit sans feinte
     La Croix (Il n'est pas de plus grand amour que de donner sa vie)
     Et puis, par-dessus tout, ayez la charité
 

Et là, remarquez, tout en haut, en une trilogie particulièrement signifiante, l'essentiel du mystère chrétien. Vers la droite, voyez l'Alpha et l'Oméga posés sur le livre des Evangiles, sur la gauche, les symboles eucharistiques : du blé, des raisins. Enfin, au centre, dominant le tout, l'objet même de la contemplation, le symbole trinitaire, Dieu, Père, Fils et Esprit... Aucun texte, les mots seraient de trop. 
 


EN GUISE DE CONCLUSION 

Ainsi, sur une note d'adoration, s'achève cette brève visite au coeur de la chapelle du Centre de Spiritualité des Ursulines de Loretteville. Le cicérone amateur espère que ce « tour de chapelle » vous a été agréable.


Soeur Claire des Rivières, o.s.u.
(1911-1999)