Soeur Anna-Marie est arrivée en Haïti quelques minutes à peine avant le tremblement de terre. Elle revenait d'un temps de vacances au Québec et se rendait à Corail. Voici la lettre qu'elle nous a envoyée par internet le 14 janvier:

Ouf !    Incroyable ce qui peut se passer en une minute !

Nous avions fait un très bon voyage en direction d’Haïti. A l'aéroport nous nous étions laissés: Camil Perron, Suzanne P., Jocelyn Roy, Martine Gendreau et moi.  Je venais d'arriver à Cazeau. Il était 16h55.

Je me préparais à aller prendre ma douche... Tout s'est mis à branler et à sauter! Nous sommes sorties en vitesse dehors. Nous sommes toutes là, grâce à Dieu. Aucune blessées. Un vrai miracle. Y'a des murs fendus, ici à la maison.

J'ai essayé mais en vain de rejoindre le groupe au « Guest House ». Pas de réponse. Le téléphone ne fonctionnait plus, aucune communication. Pas d'électricité. Le soir je suis allée soigner des jeunes du séminaire qui étaient restés pris sous les décombres du séminaire. Il y en a encore 5 de pris là-dessous.

Nous sommes allés les conduire avec un responsable du séminaire cherchant partout un endroit ou les faire soigner! Enfin  nous avons rencontré un prêtre qui nous a indiqué un lieu où nous pourrions aller. Nous les avons déposés là. Je suis allée à Wall's inter. GH. Incapable de passer. Toutes les rues étaient bloquées dans le secteur de Turgeau, Delmas, la ville est sans dessus-dessous.

Je suis revenue à 02h30 du matin en tentant en vain de les rejoindre. Le lendemain matin je suis retournée. Incapable encore de trouver. Je me suis enfin rendue à l'hôtel. C'est là que j'ai appris par le responsable, que M. Camil était sous les décombres et que les 3 autres étaient à l'Ambassade. J'ai essayé de me rendre, impossible. C'est seulement à 12H45 aujourd'hui que j'ai pu me rendre. Les trois autres sont partis pour le Canada.  Merci mon Dieu. Au moins je les sais en sécurité!

Nous pouvons tous retourner au Canada. Il y a un plan d'évacuation d'urgence. Cependant ici tout le monde me demande de rester. Ils cherchent des médecins, des infirmières. Je crois que je pourrais rendre service. Je suis avec les missionnaires du Christ Roi. Elles aussi souhaitent que je reste!  Et vous qu'en pensez-vous? 

Aujourd'hui en parcourant la ville, les scènes sont horribles. Partout des blessés, des morts, des enfants qui pleurent. ... Je ne suis pas capable de rester indifférente à tout cela! Nous pouvons avoir de l'aide de l'ONU. Depuis le 12 au soir, nous couchons à la belle étoile. Nous avons encore de l'eau, et suffisamment de nourriture.... Nous n’allons dans la maison que pour le strict nécessaire. 

S. Mélanie Cellard, Thérèse de Siguenea, S. Yolande partiront demain.  Pour ma part je vais essayer de vous tenir le plus au courant possible.Je pense que la TV vous donne plus de détails que ce que je pourrais faire. Je vais bien. Je me surprends à être calme! C'est peut-être les autres expériences qui m'aident avec le Bon Dieu.  Priez pour nous.

Anna-Marie Gendron, osu
Haïti le 14 janvier 2010