Veillez donc!


 


Nous passons aujourd’hui de l’évangile de Luc à celui de Matthieu et nous entrons dans une nouvelle année liturgique. Du moins dans notre tradition religieuse.

De multiples voix contemporaines nous lancent un appel urgent en écho à celui de Jésus en ce début de l’Avent. Cet appel touche précis à notre attente parfois angoissée qu’il ad-vienne quelque chose de neuf dans notre monde. Mais attention! Car ce qui vient c’est souvent tout petit en son commencement et fragile comme un nouveau-né.

Quelqu’un nous a dit qu’il viendrait sans cesse sous de multiples visages. Nos yeux sont souvent empêchés de le reconnaître. Lui faut-il, comme fait un voleur, défoncer nos agendas, nos préjugés, nos murs de protection pour entrer chez nous? Il n’est certes pas facile de faire confiance quand ce quelqu’un se présente incognito au coeur de nos nuits. À moins que nous ne lui ayons confié une clé, comme à un ami, pour entrer chez nous à toute heure. Car il espère entrer chez nous comme chez lui l’Enfant de notre Humanité!

Quand il vient, nous trouve-t-il comme au temps de Noé, engloutis, sans même nous en rendre compte, dans une mer de consommation? Ou, éveillés, nous serrant les coudes, dans une arche fragile qui surnage et sauve ce qui est humain? Nous pouvons avoir le même travail et, nous le savons bien, avec ce même boulot, être pris jusqu'au cou, esclaves de «nos affaires» ou encore réserver un espace libre pour l’inattendu, l’imprévu. Il arrive même que c’est chez des personnes déjà très engagées qu’on ose se présenter quand on est dans le besoin, car on sent leur coeur libre, ouvert.

Demeurons donc éveillés car il vient! «Le jour, la nuit, l’été, l’hiver, il faut dormir le coeur ouvert!», chante Gilles Vigneault.

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