1er Dimanche du temps ordinaire
«Mon fils bien-aimé!»
Mt 3, 13-17


Jamais cette parole n'avait été entendue aussi clairement! D'ailleurs, malheur à qui se serait dit fils de Dieu. On l'aurait accusé de blasphème et condamné à mort! Et pourtant, cette parole entendue par  Jésus  a fait basculer l'histoire : «Celui-ci est mon fils bien-aimé, en lui  j'ai mis tout mon amour!»

En effet, peu importe la croyance des peuples, notre calendrier nous situe par rapport à Jésus. Les événements prennent place  avant ou après lui.  Qui d'autre a eu autant d'influence durable?

Fils de Dieu depuis toujours, Jésus est dans la trentaine quand il entend cette parole inouïe qui le confirme dans son identité, l'investit d'une mission et qui servira de motif à sa condamnation.  La parole entendue par Jésus est toujours présente sur les ondes cherchant un coeur qui écoute. Heureuse la personne qui, comme Jésus, l'entend un jour et, bouleversée, reconnaît son origine et consent à naître chaque jour de l'Amour pour aimer jusqu'au bout. Car Jésus nous révèle qui nous sommes : fils, filles de  l'Amour!

Nous pourrions bien être ou devenir un ex-prisonnier, une ex-religieuse ou un  ex-conjoint, un ex-ceci ou une ex-cela, jamais nous ne serons des ex-enfants de Dieu! Personne ne peut nous enlever cette dignité originelle, notre véritable identité. Né-e-s de Dieu, sans cesse il «nous engendre du dedans». 

Un jour, je demandais à des grands et arrière-grands-parents réunis s'ils avaient fini de mettre leurs enfants au monde. Émue aux larmes, une dame de 102 ans répond: «Non! J'ai un fils à Montréal qui se meurt du cancer et je le sens ici», dit-elle, touchant son ventre. Comme elle ressemblait au Bon Dieu dont les «entrailles frémissent comme un cithare», dit Isaïe. Son fils avait 80 ans!

Et Dieu aurait fini de nous mettre au monde!

Rita Gagné, o.s.u.
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